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Fouilles archéologiques et réconciliation : on commence par la rue Peel

Des fouilles archéologiques ont été réalisées en 2016 sur le chantier de la rue Peel, à Montréal.
Des fouilles archéologiques ont été réalisées en 2016 sur le chantier de la rue Peel, à Montréal. Photo: Ville de Montréal
Radio-Canada

Le projet de réaménagement de la rue Peel à Montréal se concrétise. Des fonctionnaires en ont fait mercredi une présentation détaillée devant le comité exécutif de la Ville. Ils ont aussi rappelé que la présence historique des Premières Nations dans la métropole québécoise sera mise en valeur tout au long du parcours.

Il ne s’agit pas du seul site révélant la présence autochtone à Montréal, mais « le projet de la rue Peel nous donne une opportunité extraordinaire de mettre en pratique les principes de la réconciliation à Montréal », a déclaré d’entrée de jeu Aurélie Arnaud, la conseillère en relations gouvernementales et municipales, chargée du dossier de la stratégie de réconciliation.

La conseillère a rappelé les découvertes archéologiques importantes faites en 2016 à l’angle des rues Peel et Sherbrooke, sous une bande de terre qui a échappé aux travaux d’aqueduc et d’asphaltage du siècle dernier.

Les évaluations permettent de croire que les artefacts trouvés, des tessons de poterie, des fragments de pipes en céramique, des restes d’animaux et autres ossements, des graines de plantes ainsi qu’une sépulture, dateraient des années 1400 à 1500 et seraient associés aux Iroquoiens du Saint-Laurent.

En 2017, un groupe de travail, auquel collaborent des représentants de la communauté de Kahnawà:ke, a été mis sur pied pour intégrer ces découvertes aux rénovations de la rue Peel.

« Il répond à une demande maintes fois répétée de rendre visible la présence autochtone historique passée, présente et future, a souligné Aurélie Arnaud, en ajoutant qu’il permet aussi de mettre en valeur le patrimoine archéologique millénaire de l’île et d’inscrire cette richesse historique dans son urbanité.

Deux perceptions du monde en dialogue

L’équipe a réfléchi à des éléments de design et de mise en valeur « signifiant pour tous » en s’inspirant des principes du design autochtone.

Il a, entre autres, été décidé d’adapter les grilles des arbres bordant la rue en y intégrant des dessins de poterie retrouvée sur le site archéologique.

Des artistes poursuivent aussi leur réflexion concernant le mobilier urbain qui sera installé en bordure de la rue Peel.

Pour la responsable du dossier de la réconciliation avec les peuples autochtones, Marie-Josée Parent, le projet a été réalisé « dans une trame urbaine contemporaine [où] on met en valeur une esthétique et une vision du monde autochtone ». Mme Parent souhaite qu’on la partage avec les visiteurs et les citoyens de la ville, « une façon aussi de reconnaître l’histoire millénaire autochtone à Montréal ».

La commissaire aux Affaires autochtones de Montréal, Marie-Ève Bordeleau était non disponible pour répondre à nos questions*.

La conception de ce projet s’inscrit dans le cadre d’importants travaux évalués à 65 millions de dollars.

*Dans une première version de ce texte nous écrivions que « la commissaire aux Affaires autochtones de Montréal, Marie-Ève Bordeleau, était absente lors de la présentation du projet et non disponible pour répondre à nos questions ». Or, madame Bordeleau était bel et bien présente lors de la présentation du projet même si elle était non disponible pour répondre aux questions des journalistes. Nous demandons à nos lecteurs de bien vouloir nous excuser pour cette erreur.

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