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Des entrepreneurs en herbe autochtones réunis à Concordia

Zach Mckenzie, Yoan Déraps, Hayfa Dominique, Marie Germain sont des jeunes Autochtones réunis à l’Université Concordia à l’occasion du deuxième séminaire StartUP Nations.
Zach McKenzie, Yoan Déraps, Hayfa Dominique, Marie Germain sont des jeunes Autochtones réunis à l’Université Concordia à l’occasion du deuxième séminaire StartUP Nations. Photo: Radio-Canada / Laurence Niosi
Laurence Niosi

Une quarantaine de jeunes entrepreneurs en herbe autochtones de partout au Québec sont réunis jusqu'à samedi à l'Université Concordia dans le cadre de StartUP Nations. À sa deuxième année, l'événement vise à outiller les jeunes pour qu'ils contribuent à l'économie de leur communauté respective.

Zach McKenzie rêve d’un site culturel dans sa communauté de Maliotenam, qui offrirait une immersion de la culture innue « authentique ». Reshawn Matoush, de Mistissini, aimerait, lui, mettre sur pied un programme de tannage de peau d’orignal qui réunit jeunes et aînés.

Marie Germain, de Mashteuiatsh, souhaite quant à elle lutter contre le décrochage scolaire avec un programme d’aide aux devoirs.

Réunis cette semaine à Montréal pour le séminaire StartUP Nations, des jeunes de 15 à 35 ans, venus de huit communautés de la province, pourront acquérir des compétences en entrepreneuriat social et collectif. Ils apprendront à financer leurs idées, élaborer des plans d'affaires, gérer des projets.

Les jeunes auront aussi l’occasion de participer à des cercles de discussion avec des leaders autochtones en entrepreneuriat social, dont l’anthropologue wendat Louis-Karl Picard-Sioui ou encore Brooke Rice, étudiante à Concordia, mais aussi entrepreneure et organisatrice communautaire de Kahnawake.

À sa deuxième année, l’événement est l’initiative de Karine Awashish, qui est conseillère auprès de la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador (CDEPNQL). « On voulait favoriser l’entrepreneuriat social, permettre un mouvement collectif », affirme-t-elle.

Elle-même se dit vendue à ce modèle d’économie, qui fait primer le bien commun plutôt qu’individuel, souligne-t-elle. « Et c’est totalement adapté à nos communautés », ajoute celle qui a cofondé il y a quelques années une coopérative « de solidarité autochtone » dans sa communauté d’Obedjiwan.

Confiance en soi

Au-delà de l’entrepreneuriat, les jeunes apprennent à travers ces activités à développer leur capacité à s’exprimer, de même que leur sens des responsabilités. Ultimement, ils pourront devenir le moteur de l'économie de leur communauté. « C’est important [de les pousser]. Nos jeunes Autochtones ont peu de confiance en eux », soulève Karine Awawish.

Cette année, parmi les sujets qui sont ressortis à StartUP Nations : la réappropriation de la culture, la fierté ou encore la souveraineté alimentaire. Tous des thèmes qui rejoignent directement les jeunes.

« Oui, on a des écoles autochtones, mais tous les cours sont donnés en anglais ou en français. Donc d’avoir des projets comme le nôtre, qui mettent en valeur la langue et la culture, je trouve ça très important », souligne Yoan Malek Déraps, qui étudie en gestion de commerce au cégep, à Québec. Le jeune homme de 19 ans souhaiterait fonder à Natashquan un centre d’hébergement pour aînés, culturellement adapté, afin de briser l’isolement.

Si de nombreuses idées de la première année de StartUP Nations sont restées au stade de projets, certaines ont fait leur chemin ou sont en voie de réalisation. Parmi celles-là : un projet de coopérative d’habitation destiné aux Autochtones à Québec, ou encore un café étudiant à l’Institution Kiuna, à Odanak.

Mais ultimement, ce sont individus qui portent le projet, rappelle Karine Awashish. « On peut avoir un super bon projet, mais si les gens qui le portent n’ont pas les outils, ça va rester ça, un bon projet... d'où l'importance de StartUP Nations », dit-elle.

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