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Quand le reggae crée des ponts entre un Innu et des Marocains

De Mashteuiatsh à Rabat, une rencontre musicale entre Shauit et Wachm'n Hit

De Mashteuiatsh à Rabat, une rencontre musicale entre Shauit et Wachm'n Hit

Photo : Fournie par la Boîte interculturelle

Anne-Marie Yvon

Dans quelques jours, Shauit s'envolera pour le Maroc. L'auteur-compositeur-interprète innu participera à un échange musical avec un groupe marocain, Wachmn'Hit, dans le cadre du projet interculturel De Mashteuiatsh à Rabat.

Tout sépare Shauit et Wachmn’Hit : le pays, la langue, la culture, les traditions.

Mais il y a un point sur lequel ils se rejoignent, leur intérêt commun pour un genre musical bien précis : le reggae.

Pendant deux semaines, l’artiste originaire de Maliotenam va plonger à fond dans le dépaysement. Et ça commence avec le ramadan en cours qu’il a l’intention de respecter. « Je vais tenter l’expérience, pour moi ça va être un moyen de plonger dans leur culture », explique Shauit.

Il se dit choyé par l’expérience que lui a proposée son gérant Patrice Agbokou, le fondateur de Pasa Musik, en collaboration avec la Boîte interculturelle, un organisme qui crée des ponts entre les communautés.

En 2017 et 2018 déjà, un projet interculturel Canada-Maroc avait permis un jumelage entre les joueurs de tambour du groupe RedTail Spirit Singers et deux groupes marocains.

« À ce que je sache, c’était la première fois que le grand tambour autochtone se faisait entendre dans le désert du Sahara, au Maroc », mentionne la fondatrice de la Boîte interculturelle, Nathalie Lévesque.

Le projet avait en effet permis aux membres de RedTail d’aller s’inspirer dans l’oasis M’Hamid El Ghizlane, aux portes du Sahara. Il s’était conclu l’année suivante par une résidence musicale dans le cadre du Festival des traditions du monde de Sherbrooke.

De Maliotenam à Rabat

Cette fois-ci Shauit et trois musiciens ont été choisis pour collaborer avec le groupe Wachmn’Hit.

Le choix lié à cet artiste était tout naturel pour Nathalie Lévesque, « si vous regardez, y a pas grand artistes qui font du reggae en innu », s’amuse à rappeler celle qui suit le parcours de l’auteur-compositeur-interprète depuis longtemps.

Elle précise que Shauit a aussi remporté en décembre le prix de l’auteur-compositeur autochtone de l'année lors des Prix de musique folk canadienne, précédés quelques mois plus tôt du prix du meilleur album en langue autochtone ou francophone aux Indigenous Music Awards.

Un homme sur le bord de la plage avec sa guitare.

Shauit

Photo : Radio-Canada

« C’est vraiment une belle opportunité pour promouvoir la langue innue et pour promouvoir son art », ajoute-t-elle.

« Pour apprendre à se connaître, on va créer probablement un jam, s’amuser, chanter ce qui nous inspire », indique Shauit, ajoutant qu’ensuite il composera de nouvelles chansons avec les sept musiciens de Wachmn’Hit.

Le plus qu’il va y avoir de langues le mieux ça va être, que ce soit en français, en innu ou en arabe.

Shauit

« Ça peut juste être bénéfique pour chacun des deux peuples », pense l’artiste qui a lui-même été influencé par les grands du reggae et qui interprète ce genre musical en langue innue.

La première partie de cette rencontre se soldera par un spectacle à la Villa des Arts de Rabat, la capitale marocaine, le 31 mai.

De Kénitra à Mashteuiatsh

L’échange interculturel permettra au groupe Wachmn’Hit, originaire de la ville de Kénitra, de faire résonner la darija, l’arabe marocain, dans la communauté autochtone de Mashteuiatsh en juillet et d’y retrouver Shauit et ses musiciens pour poursuivre le travail de création.

Ce qui est important pour nous c’est la pérennité de ces projets.

Nathalie Lévesque

À long terme, l’idée est de développer un réseau, explique Nathalie Lévesque, ce qui lui permettra, en collaboration avec les Productions Pasa Musik, d’organiser d’autres collaborations du même genre.

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