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L’inuktitut entre dans les écoles du Québec le temps d’une chanson

Elisapie en prestation dans les studios de Radio-Canada (2018).

Elisapie en prestation dans les studios de Radio-Canada (2018).

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dumontier

Anne-Marie Yvon

L'auteure-compositrice-interprète Elisapie fera chanter les enfants, au Québec et ailleurs dans la francophonie canadienne, le 27 septembre dans le cadre de l'activité Une chanson à l'école.

L’artiste inuite souhaite battre le record d’Alex Nevsky, qui en 2018 avait incité plus de 320 000 jeunes à interpréter sa chanson Le monde est à nous dans le cadre de cette activité née en 2016 à l’occasion des Journées de la culture.

Elisapie est discrète. Impossible de connaître le titre de la pièce qu’elle compose ni même de quoi elle parle. On sait par contre que le thème sera lié à ces journées, soit La Rencontre – Tisser des liens, bâtir des ponts.

Seule révélation de sa part, le texte sera écrit de manière à ce que les enfants aient l’impression, lorsqu’ils chanteront, que ce sont eux qui s’expriment. « Il faut essayer de mettre dans la bouche des enfants la résilience parce que ce n’est pas leur réalité. Les non-Autochtones, ils ne connaissent pas c’est quoi la résilience, en tout cas beaucoup moins que les jeunes Autochtones qui deviennent adultes très tôt. »

Je ne dis pas que j’ai envie qu’ils [les non-Autochtones] sentent la peine, mais j’ai envie qu’ils apprennent c’est quoi être Autochtone.

Elisapie

L’artiste ajoute que s’il n’y a pas de différence entre les uns et les autres, « on porte beaucoup plus de choses lourdes qu’eux dans leur culture, dans leur univers », tout en spécifiant que « notre peuple vit des défis beaucoup plus énormes que le Canadien moyen. »

La chanson, composée principalement en français, renfermera quelques mots d’inuktitut, « une belle occasion de capter l’attention de ces jeunes pour qu’ils puissent être curieux et un peu plus éduqués par rapport aux Inuits ou aux Premières Nations », une façon également de leur faire découvrir quelques aspects de la culture inuite.

Les enseignants, qui peuvent déjà inscrire leur classe, recevront une trousse à outils fin juin comprenant les paroles de la chanson d’Elisapie, la partition musicale, diverses versions de la chanson et des idées d’interprétation, que ce soit en version originale, avec des arrangements maison ou même en version karaoké.

Elisapie souhaite que les écoles du Nunavik, sa région natale, participent en grand nombre. « Pour moi ce qui est vraiment important aussi c’est d’aller voir les Inuits et les Premières Nations. Il faut trouver une façon qu’ils ne se sentent pas exclus parce que c’est un sentiment qu’on a constamment. Il faut trouver une façon d’aller chercher ces jeunes. »

L’artiste explique que des écoles autochtones ne sont pas enthousiastes de participer à un événement pancanadien ou québécois parce qu’elles n’ont pas l’impression d’avoir les mêmes privilèges.

C’est tellement plus dur en tant qu’Autochtone d’avoir les ressources que les gens ici prennent pour acquises.

Elisapie

Celle qui est devenue au fil de sa carrière d’auteure-compositrice-interprète et de cinéaste une véritable icône inuite s’attend à ce que les jeunes Autochtones aient le sentiment qu’ils sont partie intégrante de tout cela. « Ils devraient être, à la limite, une priorité. »

Dès la rentrée des classes, fin août, les professeurs et intervenants du secteur de l’éducation recevront un guide pédagogique incluant diverses activités et une proposition de chorégraphie permettant aux élèves de se préparer pour leur performance du 27 septembre.

Un lien avec l’Année internationale des langues autochtones?

Le choix de l’organisme Culture pour tous allait au-delà de ça, dit Elisapie. Mais si on veut parler de langue, elle se sent tout à fait qualifiée, elle qui en parle trois.

« En cette Année internationale des langues autochtones, c’est un immense bonheur de savoir que les enfants de la francophonie auront, grâce à la chanson d’Elisapie, un premier contact avec l’inuktitut et qu’ils célébreront en mots et en musique la culture si riche des Premiers Peuples », a déclaré la présidente-directrice générale de Culture pour tous, Louise Sicuro.

Après Koriass en 2016, les sœurs Boulay en 2017 et Alex Nevsky l’an dernier, Elisapie espère que sa chanson résonnera d’un océan à l’autre.

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