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chronique

Pessamit : consolider des entreprises pour créer une classe d’entrepreneurs

La station-service Takutaut récupérée par le conseil de bande
La station-service Takutaut récupérée par le conseil de bande. Photo: Radio-Canada / Gaëlle André
Luc André

La communauté innue de Pessamit, située à 50 kilomètres à l’ouest de Baie-Comeau sur la Côte-Nord, se caractérise sur le plan économique par une stratégie d’intervention directe du conseil de bande dans le développement d’entreprises. Une fois lancées et consolidées grâce à un investissement de la communauté, on les cède à des promoteurs avec comme objectif ultime la création d’une classe d’entrepreneurs innus.

Au début des années 80, Pessamit (qu’on appelait alors Bersimis) était connue pour ses activités forestières. L’emploi était concentré dans la coupe de bois. Comme la réserve s’étend sur plusieurs hectares, la communauté possédait ses propres « terres à bois ». Les billots étaient vendus à des scieries de la région.

Mais les temps changent. Le bois est plus rare. L’emploi, comme dans d’autres communautés, se concentre maintenant dans le conseil de bande pour cette communauté de 2 500 habitants.

Le dépanneur PessamitLe dépanneur Pessamit Photo : Radio-Canada / Gaëlle André

Pessamit possède tous les services essentiels : deux stations d’essence, cinq dépanneurs, un garage, deux cantines, une crémerie, une quincaillerie, deux bars et deux restaurants employant plus 120 personnes.

Jean-Claude Vollant est le directeur général du Conseil des Innus de Pessamit.

« Nous encourageons l’entreprise privée et nous aidons pour le financement en autant qu’un plan d’affaires soit bien préparé, mais le conseil privilégie les projets de types communautaires et sociaux. »

Jean-Claude Vollant. directeur général de Pessamit

Jean-Claude Vollant donne l’exemple de la station d’essence Takutaut. Cette station a été fermée deux fois.

« Nous avons repris l’entreprise. Nous avons investi dans la rénovation et les équipements, et le stock. Nous avons engagé du personnel et un gérant. Si le personnel ou le gérant nous disent qu’ils veulent reprendre, nous céderons à certaines conditions. Trop longtemps, nous avons laissé nos gens d’affaires se débrouiller seuls. »

La communauté a d’autres projets, comme des investissements dans le transport en commun. La communauté veut acquérir des minibus et des autobus pour briser l’isolement. Aller faire l’épicerie à Baie-Comeau, 50 kilomètres plus loin, représente des inconvénients, sans compter les coûts pour les membres de la communauté qui ne possèdent pas de voiture.

Pour ce projet de transport en commun, M. Vollant affirme qu’un gestionnaire sera engagé et que lorsque celui-ci sera prêt, l’entreprise lui sera cédée. Le dg de Pessamit vise également le marché du transport pour le minerai et le graphite.

La communauté lorgne aussi du côté du développement de l’offre touristique en revalorisant le pittoresque site Papinachois, au bord du fleuve, qui sera transformé en terrain de camping.

Une entreprise de fabrication des tentes a également été mise sur pied par des gens bénéficiaires de l’aide sociale. Ces tentes sont vendues à des prix très compétitifs aux membres de la communauté.

Il s’agit d’une mesure pour encourager le retour aux activités traditionnelles sur le territoire ancestral, tout en permettant de valoriser le travail des artisans et de perpétuer le savoir relatif à la fabrication des tentes innues.

Le conseil de bande de Pessamit agit donc comme un promoteur économique avec cette idée bien ancrée de céder ces entreprises aux membres de la communauté et de développer petit à petit une indépendance économique.

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