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Le haka maori rend hommage aux victimes de Christchurch

Des hakas à la mémoire des victimes de Christchurch
Delphine Jung

Depuis l'attentat dans les mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, de nombreux Néo-Zélandais ont été filmés en train de danser le haka en mémoire des victimes. Mais que signifie cette danse maorie?

Ce rituel est connu dans le monde entier notamment grâce aux performances des joueurs de rugby de l’équipe néo-zélandaise, les All Blacks, avant chaque rencontre. Le but est d’intimider leurs adversaires.

« On le perçoit souvent comme effrayant et agressif parce qu’il est réalisé par des hommes qui frappent bruyamment leur corps, les yeux dilatés, poussant des cris passionnés et, dans certains cas, tirant une langue saillante », détaille Steven J. Jackson, Jay Scherer et Stéphane Héas, des universitaires auteurs d'un ouvrage sur les sports et les performances indigènes.

Des joueurs de rugby danse le haka.Les joueurs de l'équipe de rugby des All Blacks font toujours un haka avant de commencer un match pour impressionner leurs adversaires. Photo : Reuters / Clodagh Kilcoyne

« À l’origine, c’est une danse guerrière traditionnelle, exécutée sur les champs de bataille. Mais le haka peut aussi être un moyen de montrer son respect. On en fait aussi lors de mariage ou pour célébrer des anniversaires », explique Eddie Elliott, danseur maori de la troupe Red Sky Performance.

Depuis l’attentat des mosquées de Christchurch, de nombreux Néo-Zélandais ont fait des hakas, ce qui n’étonne pas Eddie Elliott.

Les dernières vidéos, parfois devenues virales, montrant des motards ou encore des étudiants faire un haka ont un sens particulier.

Te Kahauti Maxwell, professeur de maori à l’Université Waikato, explique à l’AFP que le haka est aussi « une cérémonie de deuil qui mêle à la fois la défiance et la beauté, dans un déversement d’émotion pure ». Il fait, d’après le professeur, intégralement partie du processus de deuil maori.

Le but est d’honorer les personnes assassinées lors de cette tuerie. C’est un moyen de remonter le moral des familles endeuillées et de leur montrer notre solidarité.

Eddie Elliott, danseur maori

« Le haka comprend des aspects physiques et spirituels. Les aspects spirituels du haka sont liés à divers concepts culturels qui forment la vision du monde des Maoris », explique aussi Nathan Mattews, conférencier à l'Université d'Otago en Nouvelle-Zélande, et auteur de La matérialité de la transmission des messages maoris.

Pour le danseur Eddie Elliott, le haka est aussi « l’occasion de rappeler que nous sommes tous ici sur Terre pour nous aimer et prendre soin des uns et des autres, peu importe notre race, notre âge ou notre culture ».

Le haka n’est en effet pas réservé aux seuls Maoris, et il n’est pas vu comme offensant qu’un non-Autochtone pratique cette danse. Et si on voit souvent des hommes le danser, les femmes aussi peuvent s’adonner à l’exercice.

Quant à la transmission de la tradition, elle varie généralement en fonction de la tribu. Eddie Elliott a par exemple appris à danser le haka ainsi que les chants qui l’accompagnent dans sa famille, mais aussi à l’école.

« Chaque famille maorie a son propre protocole et sa propre méthode d’enseignement », détaille-t-il.

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