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chronique

L’importance vitale de la pêche commerciale pour les communautés innues

Pêche au crabe Uapan.

Pêche au crabe Uapan

Photo : Radio-Canada / Caroline Girard

Luc André

Tout est parti d'une décision de la Cour suprême en 1990, l'arrêt Sparrow. Un jugement qui allait changer de manière significative les droits de pêche reconnus aux Autochtones. Aujourd'hui, nous parlons de la pêche commerciale comme l'une des industries les plus importantes pour les Premières Nations.

Dans cet arrêt, le plus haut tribunal canadien reconnaissait aux Autochtones le droit de pêcher à des fins alimentaires, sociales ou rituelles. Un jugement qui ouvrait aussi la porte à l’exploitation économique de la pêche en haute mer pour les Premières Nations.

C’est suite à ce jugement que le gouvernement fédéral a mis sur pied à partir de 1992 un programme de stratégie relative aux pêches qui a permis aux Autochtones d’acquérir des permis de pêche commerciaux et des bateaux disponibles sur le marché.

Ottawa faisait ainsi d’une pierre deux coups : d’une part il apportait une réponse au jugement en appuyant les Autochtones dans l’acquisition de permis et de bateaux, et d’autre part, il permettait la reprise de permis à un prix concurrentiel pour des pêcheurs non autochtones qui avaient du mal à trouver preneur.

Ce programme a aussi permis d’acquérir des compétences et des capacités dans le domaine de la pêche commerciale sur le fleuve Saint-Laurent pour les Innus du Québec.

Sept communautés innues participent au programme de pêche commerciale

La pêche au crabe chez les Innus

La pêche au crabe chez les Innus

Photo : Radio-Canada / Caroline Girard

La communauté Uashat mak Mani-Utenam, par l’entremise d'Uapan, détient une quarantaine de permis. Les plus rentables sont la pêche au crabe, au homard et au poisson de fond.

Dans les sept communautés participantes, la pêche commerciale fournit du travail bien rémunéré à plus 150 pêcheurs innus sans compter une trentaine de travailleurs de l’usine de transformation détenue aussi par les Innus.

Par exemple, un capitaine de bateau pour la pêche au crabe peut aller chercher jusqu’à 120 000 $ en revenu sur une période de 14 semaines. Pour les hommes de pont, on parle de 70 000 $ pour la même période. Pour des communautés dont les revenus sont moindres que la moyenne canadienne, ce sont des conditions exceptionnelles.

Norbert Fontaine, un Innu de Uashat (Sept-Îles), est pêcheur et capitaine depuis une vingtaine d’années. Il est propriétaire de son propre bateau et possède quelques permis. Il se prépare fébrilement pour la saison qui commence le 7 avril.

C’est une période excitante. Tous les pêcheurs préparent leur saison. C’est un peu comme quand on prépare notre saison de trappe ou de chasse. On déblaie notre bateau, on vérifie les moteurs, les accessoires électriques, notre cuisine, la liste des achats à faire. 

Norbert Fontaine, capitaine

Le capitaine Fontaine fait appel à ses pêcheurs trois semaines avant le début de la saison.

« C’est la norme et c’est le temps nécessaire pour que notre bateau soit prêt », dit-il

Comme ses collègues, il croise les doigts pour que la saison de pêche 2019 soit fructueuse, sans bris majeur, sans accident, en espérant que les quotas seront atteints dans le but d’assurer la rentabilité de l’entreprise.

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