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Chronique

De décrocheur à entrepreneur

Une maison en construction.

La construction et l'entretien des maisons : la passion de Marcel Vollant.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Luc André
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il n'y a pas d'âge pour entreprendre. C'est le cas de Marcel Vollant, un Innu qui est propriétaire d'une entreprise de rénovation domiciliaire. Être son propre patron est un rêve qu'il traîne depuis son enfance.

Marcel Vollant est le plus jeune entrepreneur d'Uashat mak Mani-Utenam, près de Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Il est le fier propriétaire de l'entreprise Rénovations Marcel Vollant. Il a 33 ans.

« Dès l’âge de douze ans, je disais à mes jeunes camarades de classe que je voulais avoir une entreprise à moi, mais je ne savais pas dans quel domaine. »

L'inspiration lui est venue d'un proche parent.

« Mon grand-père Georges Morissette a enseigné une trentaine d’années en charpenterie dans école spécialisée dans les métiers professionnels et il m’invitait à travailler avec lui chaque fin de semaine ou les soirs pour les contrats qu’on lui demandait d’exécuter. On réparait les escaliers, les portes, les fenêtres, les planchers et plusieurs autres choses. Donc c'est depuis l’âge de douze ans que je travaille, et ce travail me fournissait mon argent de poche et j’aimais faire cela. »

L’école n’était pas sa passion. Marcel a abandonné ses études à l’âge de quinze ans.

« Après deux ans à ne rien faire dans la communauté, j’ai réfléchi à mon avenir. Mon oncle Morissette, un second modèle pour moi, propriétaire D’ASSI Construction, entrepreneur général m’a beaucoup encouragé, ainsi que ma famille, à reprendre mes études et j’ai complété mon secondaire et je me suis inscrit au cours de menuiserie à Sherbrooke. »

Marcel a réussi aisément son cours et a travaillé pendant près de deux ans dans son domaine à Sherbrooke, puis il s’est inscrit à un cours d’entretien général d’immeuble pour lequel il a obtenu son diplôme.

Marcel a aussi obtenu un diplôme en conduite de machineries lourdes.

« Cette formation m’a permis d’obtenir un emploi dans une compagnie minière à Fermont, j’ai travaillé six mois sans sortie, six jours de douze heures par semaine. Ce séjour m’a permis de réaliser mon rêve que j’avais promis à mes camarades de classe du secondaire en ramassant plus de 35 000 $ pour mon projet. »

En arrivant à Sept-Îles, Marcel a entrepris des démarches pour trouver des firmes qui pourraient l’aider à monter son plan d’affaires, car il avait identifié un créneau inoccupé dans la communauté, soit la rénovation des résidences et des immeubles.

« J’ai ouvert ma compagnie en 2014. Je travaille de Pentecôte à Blanc-Sablon sur la Basse-Côte-Nord. J’emploie entre huit à seize Innus par année. J’ai très peu de contrats provenant du conseil de bande et la plupart proviennent de l’extérieur de notre communauté. J’ai fait peu de publicité, mais les donneurs d’ouvrage font du bouche-à-oreille quand ils remarquent notre professionnalisme et la qualité de notre travail. J’ai tendance à engager des jeunes que je peux former moi-même et jusqu’à maintenant ce système me satisfait. »

Marcel explique que le problème qu’il rencontre dans ce genre de domaine, ce sont les demandes de paiements des factures : « en ville je suis payé dans un délai raisonnable tandis que les entrepreneurs innus qui travaillent sur la communauté ont de la difficulté à être payés dans un délai court, des fois ils attendent de 6 à 12 mois. »

Pour une petite entreprise comme Rénovations Marcel Vollant, attendre plusieurs mois afin d’être payé peut être stressant « surtout moi, qui ai peur de m’endetter. Ma priorité, c’est de payer le plus rapidement mes créanciers et mes fournisseurs et rembourser mon capital. »

En cinq ans, c’est la première fois que Marcel peut se permettre de prendre du temps pour lui.

« J’ai travaillé de six à sept jours par semaine dans le passé. Le marché de la rénovation résidentielle et industrielle est tranquille en ce moment et je suis content. Je pars même faire des expéditions en motoneige dans le nord. »

Quant aux projets, Marcel n'en manque pas.

« Agrandir mon garage pour entreposer mes équipements qui sont dehors et avoir un bureau convenable. Je suis le plus jeune entrepreneur dans notre communauté, donc je peux m’attendre à ce que les entrepreneurs actifs présentement décident d’abandonner les affaires ou recherchent une relève, et je serai là, je ne suis pas pressé. »

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