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Un groupe interpelle Québec sur la stérilisation forcée de femmes autochtones

On voit Mme Basile, de face, souriant à la caméra.
Suzy Basile, professeure à l'École d'études autochtones de l'UQAT, est l'une des signataire de la lettre. Photo: Laurie Chabot, UQAT
Anouk Lebel

Un groupe de professeurs et de militantes dénonce le refus de Québec de participer au groupe de travail que veut former le gouvernement fédéral pour examiner les allégations concernant la stérilisation forcée de femmes autochtones au pays.

Dans une lettre envoyée à Espaces autochtones lundi matin, le groupe dénonce le « silence » et le « déni » du gouvernement du Québec dans ce dossier.

« Le gouvernement du Québec perpétue ainsi une attitude coloniale qui caractérise les instances gouvernementales qui se ferment les yeux et les oreilles sur des enjeux cruciaux et aussi importants que la santé, le mieux-être et les droits fondamentaux de ces peuples », peut-on y lire.

Des cas allégués de stérilisation forcée de femmes autochtones ont été recensés dans l’histoire récente du pays en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario et dans les territoires.

Si aucun cas n’est connu au Québec, c’est en raison du manque de recherche sur la question, croit Suzy Basile, professeure à l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, l’une des signataires de la lettre.

« On a entendu parler de familles qui ont des soupçons, mais on tombe dans un sujet tellement intime, il faudrait mener des entrevues formelles », affirme-t-elle dans une entrevue à Radio-Canada.

Ça prend une recherche en bonne et due forme faite dans un contexte autochtone.

Suzy Basile, professeure à l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

La Presse canadienne rapportait jeudi que Québec avait refusé l'invitation d'Ottawa de participer un groupe de travail responsable d'examiner la situation de la stérilisation forcée ainsi que la compétence culturelle en matière de santé.

En décembre, la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, et la ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, ont écrit une lettre aux provinces, aux territoires et à des intervenants du réseau pour proposer la création d'un groupe à ce sujet. Une première rencontre doit avoir lieu en mars.

« Le gouvernement est hypersensible à la question, mais aucun cas n’a été répertorié au Québec », justifie l’attaché de presse de la ministre de la Santé du Québec, Alexandre Lahaie, à Radio-Canada. Il souligne par ailleurs que le gouvernement est en discussion constante avec les Premières Nations au sujet de « d’autres enjeux » et que la santé est une compétence provinciale.

La santé des Autochtones relève toutefois du gouvernement fédéral, souligne de son côté Mme Basile.

« Le gouvernement fédéral conserve une compétence sur la santé autochtone, soulève-t-on dans la lettre, et, puisque le problème est pancanadien, les provinces doivent unir leurs forces pour y mettre un terme. »

Santé Canada n’a pas commenté le refus de Québec de participer au groupe de travail.

Pour sa part, la sénatrice ontarienne Yvonne Boyer, auteure d’une étude sur la stérilisation forcée, a affirmé à La Presse canadienne qu’il s’agissait d’une occasion perdue pour le Québec. Elle a dit espérer que la province changera d’idée à ce sujet.

Avec des informations de La Presse canadienne

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