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Ottawa dépose son projet de loi sur la protection des langues autochtones

Un panneau de signalisation en anglais, français et inuit situé à Iqaluit, au Nunavut.

Un panneau de signalisation en anglais, français et inuit situé à Iqaluit, au Nunavut.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Chose promise, chose due : le gouvernement du Canada a déposé pour une première lecture la « Loi sur les langues autochtones » mardi.

La loi proposée (C-91) (Nouvelle fenêtre) reconnaît que « les langues autochtones font partie intégrante des cultures et des identités des peuples autochtones et de la société canadienne », peut-on lire dans un communiqué de Patrimoine Canada.

Dès son entrée au parlement mardi matin, le premier ministre Trudeau a parlé de « fierté » au sujet de ce projet de loi.

Ça fait longtemps qu’on travaille avec les peuples autochtones pour protéger leur culture, pour promouvoir leurs langues et d’assurer une pleine reconnaissance, en voie vers la réconciliation.

Justin Trudeau

Le projet de loi entend « établir des mesures pour la fourniture d'un financement durable et à long terme des langues autochtones », reprend le même communiqué sans pour autant apporter plus de détails.

Questionné à savoir s’il y aura une enveloppe budgétaire pour accompagner les différentes mesures que contient la loi, le ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez a assuré qu’il y aura « tous les moyens nécessaires pour mener à bien ce qu’on veut faire ».

Le gouvernement annonce du même souffle la création du « Bureau aux langues autochtones ». Ce nouvel organisme sera responsable de l’application des grands principes de la loi. Il devrait entre autres « contribuer à la promotion des langues autochtones » et « soutenir les peuples autochtones dans leurs efforts visant à se réapproprier les langues autochtones et à les revitaliser, les maintenir et les renforcer », peut-on lire dans le projet de loi.

Le « Bureau » sera dirigé par un commissaire indépendant dont le mandat sera de cinq ans.

Pour le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Canada (APN), Perry Bellegarde, cette loi a un caractère « historique » et elle s'imposait, compte tenu de la situation des langues autochtones au Canada.

Aucune langue autochtone au Canada n'est en sécurité. Mais maintenant il y a de l'espoir. Cette loi appuiera les efforts des Premières Nations pour conserver leurs langues vivantes et fortes. Les Canadiens et tous les parlementaires doivent appuyer cette loi, parce que nous comprenons tous que la langue est identité, la langue est culture, la langue est la vie.

Perry Bellegarde, chef de l'APN

Son de cloche radicalement différent du côté des Inuits. Selon le chef de l'Inuit Tapirit Kanatami (ITK) Natan Obed, Ottawa a fait preuve de « mauvaise foi » lors du processus de consultation qui a précédé l'élaboration du projet de loi.

L'absence de contenu spécifique aux Inuits suggère que ce projet de loi est une autre initiative législative développée à huis clos par un système colonial, puis imposée aux Inuits.

Natan Obed, chef de l'ITK

Le projet de loi prétend s'aligner sur les objectifs de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et sur les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Selon une enquête menée par l’UNESCO et citée par Ottawa, les trois quarts des 90 langues autochtones vivantes répertoriées au Canada sont en voie de disparition.

L'UNESCO a aussi décrété 2019 comme étant l'Année internationale des langues autochtones. L'agence de l'ONU soutient qu'il existe plus de 6000 langues autochtones sur la planète.

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