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Le nouveau Guide alimentaire canadien reconnaît l'insécurité alimentaire dans le Nord

Photo d'une version papier du Guide alimentaire canadien dévoilé en janvier 2019.
Le nouveau Guide alimentaire canadien et les lignes directrices qui l'accompagnent reconnaissent la difficulté d'avoir une alimentation saine dans le Nord. Photo: Radio-Canada / Martin Thibault

Les nouvelles lignes directrices canadiennes en matière d'alimentation reconnaissent l'insécurité alimentaire et les barrières d'accès aux aliments traditionnels dans le nord du Canada.

Ces mesures accompagnent le nouveau Guide alimentaire canadien, publié par Santé Canada. Le document ne propose pas de solutions, mais selon Hasan Hutchinson, un porte-parole de l’agence fédérale, le guide aide le gouvernement à diriger sa politique alimentaire et il peut donc être vu comme un appel à agir.

Il faut dire que Santé Canada travaille depuis plusieurs années sur le développement d’une politique et à la mise en place de ressources pour contrer les problèmes d’alimentation comme l'insécurité alimentaire, avec les dirigeants de l’Assemblée des Premières Nations, de l’Inuit Tapiriit Kanatami et du Conseil national des Métis.

Avant cette mise à jour, il y avait le Guide alimentaire destiné aux Premières Nations, Inuits et Métis. La dernière fois que ce document avait été révisé, c’était en 2007.

Les nouvelles lignes directrices en matière d’alimentation parlent aussi d’un contexte autochtone. Celui-ci explique à quel point il peut être difficile de chasser ou d’avoir accès aux aliments traditionnels pour différentes raisons, incluant une déconnexion culturelle causée par les pensionnats.

Le passage souligne aussi que manger de la nourriture traditionnelle est sain, même si elle est consommée en petite quantité.

Prix des aliments élevés

Pour Chris King, le chef du restaurant de l’Heritage Hotel, manger dans le Nord peut être frustrant. Il raconte qu’aux Philipines, son pays d’origine, le chou de Chine (ou bok-choy) coûte moins de 50 cents, alors qu’à Norman Wells, dans les Territoires du Nord-Ouest, une poignée peut coûter 25 dollars.

« Il y a quelques aliments qui peuvent être bons congelés, mais pas tous », écrit-il, en ajoutant que les prix sont un défi important lorsque vient le temps de manger sainement.

« On ne peut toujours pas servir beaucoup de légumes dans notre menu ou dans nos repas du jour, parce qu’on ne peut pas conserver d'aliments frais », dit-il, en ajoutant que ça fait augmenter les prix de ses repas.

Pour remédier à cette situation, les lignes directrices affirment que les légumes congelés ou en conserve sont aussi recommandés.

Les protéines végétales suscitent une réticence

Lloyd Chicot, chef de Kasika, dans les Territoires du Nord-Ouest, craint que sa communauté soit réticente à la suggestion du guide d'avoir recours à des protéines végétales.

Des aliments comme les lentilles et ce genre de choses – les gens n'y sont pas vraiment habitués, a-t-il déclaré. Les personnes âgées... ne sauront pas ce que c'est

Lloyd Chicot, chef de Kasika

Meghan Scott, un diététicien qui a récemment quitté Inuvik, convient que les images partagées par Santé Canada reflètent les protéines à base de plantes qu’on trouve dans le Sud. Il concède que ce n’est peut-être pas le meilleur moyen pour les habitants du Nord d'obtenir leurs protéines.

« Dans les contextes nordiques, où les protéines animales sont traditionnelles, disponibles et appréciées [...] si aucune protéine végétale n'est mangée, c'est très bien », fait-il remarquer.

Lloyd Chicot raconte que les personnes de sa communauté s’étaient tournées vers les repas préparés en épicerie dans les dernières années. Il a aussi constaté une augmentation du nombre de personnes souffrant de diabète de type 2, ce qui l’a frappé. « Nous avons besoin de beaucoup d’éducation », admet-il.

Le chef porte maintenant une attention particulière à l’alimentation saine et traditionnelle.

Le chef de Kakisa, aux Territoires du Nord-Ouest, Lloyd Chicot est devant une murale autochtone. Le chef de Kakisa, dans les Territoires du Nord-Ouest, Lloyd Chicot affirme que sa communauté s'est tournée vers des choix alimentaires plus sains. Photo : Priscilla Hwang/CBC

Il soutient que sa communauté s’est tournée vers les baies, qui sont nombreuses. Le hameau a aussi commencé un jardin communautaire et beaucoup d’habitants de Kakisa mangent des protéines maigres comme du poisson, de la viande de gibier et du poulet.

Avec les informations de CBC

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