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Le suicide : en parler d'abord!

Un jeune homme dépressif a la tête penchée et les bras croisés.
Dans certaines communautés autochtones, le taux de suicide chez les garçons dépasse 100 suicides pour 100 000 habitants. Photo: Radio-Canada
Yannick Donahue

La campagne nationale de lutte contre le suicide dans les communautés autochtones au Québec vise à ce que les personnes atteintes d'idées suicidaires puissent en parler. À un proche, à un ami, à un parent ou à un voisin.

La 29e Semaine nationale nationale de prévention du suicide du 3 au 9 février conserve le même thème que l'an passé : Parler du suicide sauve des vies.

L’Association québécoise de prévention du suicide, qui est derrière cet événement national, rappelle l’importance de parler pour agir en prévention du suicide.

« Individuellement, mais aussi en tant que société, c’est en ouvrant le dialogue et en étant à l’écoute que nous arriverons à renforcer le filet humain autour des gens vulnérables », écrit-elle sur son site Internet.

L’Enquête régionale sur la santé des Premières Nations au Québec de 2015 nous apprend qu’une personne sur dix âgée de 12 ans ou plus résidant dans les communautés perçoit sa santé mentale comme étant passable ou mauvaise.

L’étude révèle que 16 % des Autochtones de 12 à 17 ans présentent des signes de détresse psychologique modérée ou élevée et que les principaux problèmes de santé mentale rapportés pour ce groupe d’âge sont les troubles anxieux et les troubles de l’humeur.

De plus, le document indique que les femmes sont plus nombreuses à présenter des signes de détresse psychologique modérée ou sévère que les hommes.

Le taux de suicide est de cinq à six fois plus élevé chez les jeunes Autochtones que la moyenne nationale. Dans certaines communautés, le taux de suicide chez les garçons dépasse 100 suicides pour 100 000 habitants.

La promotion de la vie

Dans le but d’améliorer le quotidien des Autochtones, la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador ( (Nouvelle fenêtre)CSSSPNQL) a travaillé « sur un élément fondamental de la prévention et du mieux-être, soit la promotion de la vie ».

« Dans les communautés, on voulait mettre l’accent sur la promotion de la vie au lieu de la prévention du suicide. C’est pourquoi on a créé des outils pour cette semaine-là », affirme Natasha Hervieux, conseillère en mieux-être et prévention des dépendances à la CSSSPNQL.

L’équipe du CSSSPNQL a donc développé ce qu’elle appelle « Mon journal créatif », qui constitue un cahier qui permet « d’apprendre à se connaître grâce à des activités positives et stimulantes ».

Natasha Hervieux est conseillère en mieux-être et prévention des dépendances à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador. Natasha Hervieux est conseillère en mieux-être et prévention des dépendances à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador. Photo : Courtoisie

Ce journal vise à favoriser la réflexion, la découverte de soi et la mise en action positive. Il est inspiré des quatre éléments de la roue de médecine représentant les aspects mental, physique, émotionnel et spirituel. L’idée est d’outiller la personne à se développer dans une perspective holistique.

C’est comme un carnet. On a des questions sur ce que la personne aime, sur un bilan personnel global, sur son alimentation, sur ses valeurs… Apprendre à se connaître un peu plus par écrit. On a aussi des facteurs de protection là-dedans. Comment la personne peut avoir des objectifs cette année. C’est vraiment ludique 

Natasha Hervieux est conseillère en mieux-être et prévention des dépendances à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

On y retrouve notamment de la documentation, des conseils, une liste de ressources avec leurs coordonnées, etc.

« On parle aussi beaucoup de la culture, de son importance. Qu’est-ce que les jeunes peuvent faire pour connaître davantage leur culture, les activités culturelles », précise Mme Hervieux.

La clientèle visée : tous les membres des Premières Nations vivant au Québec. Le cahier a été distribué dans les écoles pour les jeunes Autochtones.

Mme Hervieux souligne de surcroît que les centres de traitements autochtones contre les dépendances font partie de la solution. Elle mentionne que le cahier peut y être utilisé pour accompagner l’individu dans sa démarche de guérison. Tout comme il peut servir dans les relations entre les Autochtones et les intervenants sociaux.

« Ce cahier peut être utile avec l’intervenant en communauté et le client. En fait, ils peuvent le faire ensemble. Il peut créer des échanges entre eux », illustre-t-elle.

La conseillère précise que tous les intervenants dans les communautés ont reçu la formation donnée par la commission sur la façon d'intervenir en prévention du suicide chez les Premières Nations.

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