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Gilbert Dominique, le défi de déloger Ghislain Picard

Gilbert Dominique, chef de bande de la communauté de Mashteuiatsh

Gilbert Dominique, chef de bande de la communauté de Mashteuiatsh

Photo : Radio-Canada

Laurence Niosi

Gilbert Dominique et Ghislain Picard sont engagés dans une course dont l'enjeu est la direction de l'Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (l'APNQL). Espaces autochtones a présenté lundi le candidat Ghislain Picard, qui dirige la plus importante organisation politique autochtone du Québec depuis 25 ans. Au tour maintenant de Gilbert Dominique, l'ancien chef de Mashteuiatsh.

Après avoir fait trois mandats comme chef de Mashteuiatsh (2003-2017), une communauté de plus de 5000 membres au Lac-Saint-Jean, Gilbert Dominique se sent prêt à faire son retour dans l'arène politique.

D’emblée, Gilbert Dominique affirme se présenter pour conduire les nations autochtones vers le chemin de l’autodétermination gouvernementale. « C’est la flamme qui m’habite », dit l’Innu de 53 ans, qui est coordonnateur du développement de l’autonomie gouvernementale pour sa communauté.

Ce « souverainiste innu » milite depuis des années pour réclamer des négociations « de nation à nation » avec le gouvernement du Québec. En 2014, Gilbert Dominique avait notamment fait front commun avec huit autres chefs innus pour signer une entente avec le gouvernement pour le développement du Nord. Un accord qu’ils espéraient semblable à la paix des braves, conclue en 2002 avec les Cris.

Une telle entente pour la nation innue et les neuf autres que représente l’APNQL est toujours un souhait de Gilbert Dominique.

« Je ne vous le cache pas, actuellement, l’ensemble des communautés incluant Mashteuiatsh, nous sommes trop dépendants de l’État de par les subventions que nous recevons pour des programmes », déplore le candidat.

Le levier de cette autonomie, c’est la souveraineté sur son territoire, dit-il. « Les Premières Nations doivent jouir de leur territoire, et utiliser les ressources naturelles pour gérer leur propre avenir », ajoute-t-il.

Gilbert Dominique estime se démarquer par son expérience terrain et son esprit collaboratif. Il cite à titre d’exemple le projet de minicentrale hydroélectrique Val-Jalbert, fruit d’une collaboration des Innus et des MRC avoisinantes.

Le chef de l'APNQL Ghislain Picard à Mashteuiatsh, en compagnie de Gilbert Dominique (à droite)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef de l'APNQL Ghislain Picard à Mashteuiatsh, en compagnie de Gilbert Dominique (à droite)

Photo : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

« Il faut se rendre à l’évidence que le chef régional [Ghislain Picard], avec toutes ses compétences, n’a pas le temps pour s’investir dans les défis principaux de chacune des Premières Nations. Lui a une vision plus générale », dit le candidat, qui « a passé toute sa vie à Mashteuiatsh ».

Des commissions d'enquête

Outre l’autonomie gouvernementale, Gilbert Dominique estime que l’APNQL doit mettre en tête de ses priorités l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, de même que la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, dont les rapports finaux seront bientôt déposés.

« Ma plus grande inquiétude, c’est que ces rapports restent sur des tablettes et qu’on passe l’éponge sans que rien n’y paraisse », affirme-t-il, estimant que l’APNQL se doit de faire un suivi.

Mercredi, les 43 chefs des conseils de bande seront appelés à voter pour les deux candidats lors d’une rencontre de deux jours qui a lieu à Montréal. Le chef Picard, qui brigue un 10e mandat, est le grand favori.

Même s'il part perdant, Gilbert Dominique aime les défis. « J’estime que dans une démocratie, la nécessité d’avoir des débats, des échanges, c’est important. C’est très sain », conclut-il.

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