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Élections à l'APNQL : Picard confiant, Dominique revendicateur

Ghislain Picard et Gilbert Dominique s'affrontent pour le poste de chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL).

Photo : Radio-Canada / Montage photo

Yessica Chavez

Les deux aspirants au titre de chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) ont débattu, vendredi, à l'invitation d'Espaces autochtones. Lors des échanges, le chef sortant, Ghislain Picard, a misé sur son expérience et l'ancien chef de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean, Gilbert Dominique, a fait valoir sa détermination.

Ce débat a commencé avec la présentation de chacun des candidats. Les deux hommes y sont allés avec le rappel de leurs accomplissements dans le passé. Gilbert Dominique a souligné, entre autres, sa mise en place d’« une politique d’affirmation culturelle » au sein de sa communauté.

Il a aussi mis de l’avant sa réponse lorsqu’une vague de suicides a frappé les siens : « J’ai présidé, avec des gens du milieu, une table de concertation. On a écouté la population et on a donné un rapport qui, encore aujourd’hui, est fortement utilisé pour aiguiller les différentes stratégies à implanter dans la communauté. »

Dès le début de son intervention, le chef Ghislain Picard s’est fait remarquer en commençant son discours en innu. Il a poursuivi en français en rappelant ses réalisations des dernières années et l’importance de l’écoute des chefs des différentes communautés.

« J’ai toujours insisté sur l’importance d’être à l’écoute, précédée par le respect de la grande diversité qui nous unit au niveau des Premières Nations [...] et, ultimement, savoir comment on fait converger tout ça vers une position que nous sommes appelées à défendre », a-t-il déclaré.

Les deux candidats ont ensuite exposé leurs motivations à diriger l’APNQL.

« À chaque fois qu’il y a une campagne électorale, la question qu’on a à se poser, c’est : "est-ce qu’on est dedans ou pas?", et pour moi, c’est beaucoup trop important de m'assurer qu’on est dans le processus, malgré les limites de la participation de l’électorat autochtone », explique le chef Picard.

Il a d'ailleurs souligné le fait que l’APNQL a fait partie des premiers groupes appelés par François Legault après son élection.

Gilbert Dominique partage ce point de vue, mais il accuse l’organisation de ne pas être assez proactive.

« L’APNQL entourée de l’ensemble de ses commissions est devenue graduellement une organisation administrative […], donc on est loin de faire de la politique, ce qui nous amène souvent à être en mode récupération ou en mode réaction. Honnêtement, dans plusieurs cas, je nous vois aller et j’ai le sentiment qu’on est quelque chose près d’un groupe de pression », a-t-il plaidé.

Questions du public

Les deux candidats ont poursuivi les échanges en répondant aux questions du public, posées sur Facebook. Une de ces interrogations a notamment porté sur la Loi sur les Indiens.

Gilbert Dominique a exprimé une opinion tranchée à ce sujet : « C’est une loi assurément désuète et il faut travailler fortement pour qu’on évacue cette loi-là qui nous infantilise. Il faut, par contre, renouveler ça par une forme de reconnaissance pleine et entière de ce que nous sommes : un peuple fier ».

Pour sa part, Ghislain Picard s’est montré plus prudent. « Oui, on peut mettre le couvert là-dessus, mais ça prend un processus qui respecte surtout les communautés et même-là, il y a une diversité importante des opinions qui sont exprimées par nos communautés. Il faut aussi savoir dans quoi on s’embarque aussi, parce que c’est peut-être un peu paradoxal, mais la Loi sur les Indiens, c’est quelque chose de concret. Qu’est-ce qui se passe demain si elle n’est pas là? », a-t-il prévenu.

La question du financement des bandes et des communautés éloignées s’est aussi invitée au débat. Pour les deux aspirants chefs, il va de soi qu’il faut se mobiliser pour obtenir un meilleur financement.

« Notre pire ennemi, ce n’est pas les envolées oratoires de Justin Trudeau, notre pire ennemi, c’est l’appareil gouvernemental », a illustré le chef sortant.

« Il faut se rendre à l’évidence que sur le plan administratif l’appareil du gouvernement du Canada n’a pas livré la marchandise. Il y a des formules de financement qui ne tiennent pas la route », allègue Gilbert Dominique, l’ancien chef de Mashteuiatsh.

Le débat s’est terminé par un long exposé des deux candidats sur leurs priorités. Ghislain Picard a insisté sur le besoin de réformer l’APNQL avec l’aide de tous les chefs autochtones. Quant à Gilbert Dominique, il a proclamé son intention de réclamer davantage d’autonomie et de reconnaissance pour les Premières Nations.

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