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Ghislain Picard recueille le plus d'appuis auprès des chefs consultés par Espaces autochtones

Le logo de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.

Le logo de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.

Photo : Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Radio-Canada

Si on se fie aux témoignages recueillis par Espaces autochtones, Ghislain Picard profite d'un fort appui en prévision des élections de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) qui se tiendront le 30 janvier.

Un texte d'Anne-Marie Yvon

Le 30 janvier, l'APNQL se choisira un chef. Deux candidats sont en lice pour diriger cette instance, l'actuel chef Ghislain Picard et l'ancien chef de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean, Gilbert Dominique.

Seuls les chefs des 43 communautés membres de l’Assemblée ont le droit de vote pour cette élection.

Ghislain Picard occupe la fonction depuis 1992, il espère obtenir un 10e mandat.

Gilbert Dominique, Innu comme le chef Picard, est coordonnateur du développement de l’autonomie gouvernementale pour sa communauté.

Il aurait une grande pente à remonter pour vaincre le chef sortant si l’on en croit les divers chefs interrogés.

Selon Konrad Sioui, fondateur de l’APNQL et tout premier chef de cette organisation représentant 43 communautés de dix nations au Québec et au Labrador, « il [Ghislain Picard] n’est pas challengé par quelqu’un de vraiment formé pour remplir ce rôle ».

Le grand chef de Wendake ajoute que, pour occuper cette fonction, il faut avoir une vision globale, savoir communiquer, « ça prend de la diplomatie », dit-il, se demandant si Gilbert Dominique sera capable, par exemple, de créer des alliances.

À ce propos, les chefs à qui Espaces autochtones a parlé sont unanimes concernant Ghislain Picard. « Il sait rallier les positions. Malgré qu’il y a plusieurs nations au Québec, avec beaucoup de positions divergentes, il a toujours su comment rapprocher les nations », mentionne le grand chef du Conseil de la Nation atikamekw, Constant Awashish.

« Les deux candidats, c’est des bonnes personnes, j’attends juste les résultats », se contente de dire Constant Awashish, puisque ce dernier n’a pas droit de vote, relevant, de par sa fonction, de la nation atikamekw et non du gouvernement fédéral.

Cela ne l’empêche pas de cibler les enjeux les plus importants de la campagne. Selon lui, il faut « transformer l’organisation, rallier les positions et être une voix unique pour toutes les Premières Nations au Québec ». Il aimerait qu’on y aborde des dossiers comme les ressources naturelles et le respect des droits ancestraux, « notre titre aborigène sur nos territoires respectifs », précise-t-il encore.

À Lac-Simon, la chef de la communauté algonquine, Adrienne Jérôme, n’a rien vu passer sur les orientations du candidat Gilbert Dominique. Elle ne connaît pas son plan et ne peut donc pas se prononcer sur sa candidature en tant que chef régional.

Par contre, elle connaît bien le travail de Ghislain Picard. « Il a du vécu Ghislain, il a suivi les dossiers depuis 1992 », dit-elle.

26 ans de bibliothèque comme ça, tu ne peux pas la brûler!

Adrienne Jérôme

Plusieurs dossiers à prioriser

Mais, quel que soit le candidat choisi, Mme Jérôme s’attend à ce que le dossier des femmes autochtones soit une des priorités. « Il y a eu des enquêtes nationales, des enquêtes provinciales, puis d’avoir un suivi là-dessus, que le chef régional soit actif par rapport à ces actions-là », espère-t-elle.

La chef de Lac-Simon tient à rappeler que lorsqu’on parle des conditions de vie dans les communautés, cela touche particulièrement les femmes et les enfants, et elle espère que les choses bougeront en leur faveur.
Mme Jérôme aborde aussi la question de la distribution de l’argent dans les communautés.

On est 43 communautés au Québec, dit-elle, et au niveau national on est toujours les grands perdants. Là encore, elle s’attend à ce que l’APNQL règle cet enjeu. « On a des besoins criants au niveau de la province de Québec », dit-elle en parlant des Autochtones, « on a une communauté qui vit comme le tiers-monde. »

La chef s’attend donc à ce que les droits des Autochtones soient protégés.

Le grand chef de Kahnawake, Joseph Tokwiro Norton, dit très bien connaître Ghislain Picard, qu’il côtoie depuis 30 ans. Il espère que le chef Picard va conserver son poste, en précisant sa pensée : « La raison pour laquelle je dis cela, c’est qu’il a beaucoup de connaissances et d’expérience, il est trilingue, il parle sa propre langue ainsi que le français et l’anglais, alors il est capable de communiquer dans différentes langues, ce qui est très utile pour notre cause. »

Konrad Sioui s’inquiète justement de la méconnaissance des langues par Gilbert Dominique. « Il ne parle à peu près pas l’innu, il ne parle pas l’anglais », ajoutant qu’il faut être un bon interlocuteur.

Et puis Joe Norton souligne les habiletés et l’intégrité de Ghislain Picard. « Pour moi, ce n’est pas une décision difficile à prendre, avec tout le respect que j’ai pour l’autre candidat », avouant ne pas connaître cet autre candidat.

Tout comme l’a mentionné Constant Awashish, le grand chef de Kahnawake considère que « la priorité du chef Picard est de rallier tout le monde pour que nous soyons d’accord sur certains principes. »

Il cite en exemple sa communauté, Kahnawake, une réserve urbaine installée à côté du pont Mercier, entourée d’autoroutes et traversée chaque jour par 100 000 voitures. Il la compare à ces communautés isolées dans le Nord dont les priorités sont bien différentes.

« On n’est pas toujours tous du même avis et souvent nous avons même des opinions divergentes, mais il faut faire tout ce qui est en son possible pour amener les nations ensemble. »

À Pessamit, la communauté d’origine de Ghislain Picard, le chef René Simon favorise lui aussi M. Picard avec qui il a travaillé depuis bon nombre d’années, et « plus particulièrement depuis la création du conseil des Atikamekw et des Montagnais, nous avons réalisé plusieurs projets pour les deux nations ».

L’expérience, la capacité et la confiance des autres nations du Québec ne sont pas à refaire.

René Simon, chef de Pessamit

Le chef Simon considère que Ghislain Picard est « le candidat tout désigné pour poursuivre le travail amorcé ».

Un travail amorcé et à poursuivre, car le grand chef de Wendake, Konrad Sioui, souhaiterait que le prochain chef de l’APNQL parle de territorialité. « On l’a toujours évité, le chef va devoir en parler. »

Il souhaite aussi que ce chef continue de travailler sur l’unité et qu'il prépare la relève.

Les deux candidats ont accepté de débattre de leurs idées lors du Facebook Live hebdomadaire d'Espaces autochtones, le vendredi 25 janvier dès 12 h 15. Les internautes sont invités à soumettre leurs questions à MM. Dominique et Picard.

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