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DPJ : un programme de Concordia pour former des éducateurs cris

Des éducateurs en formation dans le cadre du programme de Boscoville.
Des éducateurs en formation dans le cadre du programme de Boscoville. Photo: Courtoisie Boscoville
Laurence Niosi

Un nouveau programme certifié par l'Université Concordia, à Montréal, vise à donner des outils à des éducateurs cris de la Baie-James qui travaillent auprès de jeunes placés par le système de protection de la jeunesse.

Mamouwechitutaau – « travaillons ensemble », en cri – a été conçu en 2017 par l’organisme Boscoville en collaboration avec le Conseil cri de la santé et des services sociaux.

L’idée de la formation est née d’un constat simple : les éducateurs cris n’avaient généralement pas de diplôme dans leur domaine de travail. Ces éducateurs qui s’occupent des jeunes en protection de la jeunesse sont en outre souvent des voisins ou des proches des personnes concernées.

« En leur donnant cette certification d’une université reconnue québécoise, ça leur donne la légitimité dans leur propre communauté », explique Mohsen Romdhani, directeur général de Boscoville, un centre de formation et de mentorat pour les jeunes situé dans l’est de Montréal.

« On amène une expertise chez les Cris, alors qu’avant l’expertise était toujours du Sud », ajoute-t-il.

Autre particularité du programme, la formation culturellement adaptée est donnée en territoire cri, dans la communauté de Mistissini. « Nous construisons des méthodologies d'évaluation basées sur l'expertise de Concordia et sur les besoins culturels [des Cris] », explique l’agent de développement Tim Harbinson.

Deux semaines par mois, Tim et une autre agente de développement, Emma Kroeker, se rendent dans le Nord pour donner la formation aux éducateurs, qui prend parfois la forme de cercles de réflexion ou de jeux de rôle.

Philippe Voyageur, chef d’équipe cri qui travaille avec les deux agents de développement de Boscoville, a vu l’évolution des éducateurs. « Les travailleurs qui font la formation depuis l’année dernière disent que quand ils ont commencé, ils ne savaient pas ce qu’un éducateur devait faire. Avec la formation, ils savent beaucoup plus comment interagir avec les jeunes », affirme-t-il.

Les éducateurs reçoivent au bout de trois ans un certificat du Centre de l’éducation permanente de l’Université Concordia. Les premiers étudiants recevront leur diplôme en 2020.

Une protection de la jeunesse crie

Environ une trentaine de jeunes sont placés dans des centres temporaires de Mistissini et de Chisasibi par la Youth Healing Services, le service de protection de la jeunesse du Conseil cri de la santé.

L’organisme inclut dans son programme des activités culturelles traditionnelles pour les jeunes, par le biais notamment de « camps de brousse » ( « bush program »).

Dans la foulée de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, les Cris, comme les Inuits, ont pu mettre en place leurs propres directions de la protection de la jeunesse. Ces organismes appliquent toutefois encore la loi québécoise.

C'est l'une des premières fois que le centre Boscoville collabore avec une communauté autochtone. Le directeur du centre, Mohsen Romdhani, aimerait voir le modèle se répandre.

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