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Uhu labos nomades, une initiative autochtone en arts numériques

Stéphane Nepton et sa compagne  Andrea Gonzalez posent ensemble dans les bureaux de Behaviour à Montréal.
Stéphane Nepton et sa compagne Andrea Gonzalez Photo: Radio-Canada / Laurence Niosi
Laurence Niosi

Peu d'Autochtones travaillent dans l'industrie du jeu vidéo, malgré un marché du travail concurrentiel et en pleine croissance. L'Innu Stéphane Nepton et sa compagne Andrea Gonzalez souhaitent démystifier l'industrie grâce à des ateliers nomades en arts numériques, dont les premiers auront lieu à Montréal la semaine prochaine.

Baignant dans l’industrie du jeu vidéo depuis 20 ans, Stéphane Nepton avait envie de partager son expertise, mais aussi de redonner aux communautés autochtones. « Il y a tellement d’emplois en plus! », souligne l'artiste d'effets spéciaux, qui estime être l’un des seuls Autochtones qui travaillent dans le milieu dans la province.

Originaire de Sept-Îles, Stéphane Nepton a étudié en arts plastiques, puis en effets spéciaux pour cinéma et télévision, avant d’atterrir dans l’industrie du jeu. « À l’époque, il n’y avait pas d’école en effets spéciaux pour jeux vidéo », explique l’Innu de 47 ans. Aujourd’hui, il est chez Behaviour Interactive à Montréal, le plus important développeur de jeux vidéo indépendant au pays, pour qui il a travaillé sur des jeux comme Scooby-Doo! Mystery Mayhem ou encore Monsters Inc. Scream Team pour la PlayStation.

Sa compagne, Andrea Gonzalez, ancienne designer graphique, termine quant à elle des études en travail social.

Le couple a ainsi joint ses forces pour bâtir un projet social autour des arts numériques, Uhu labos nomades. L’objectif : rouler de communauté en communauté, y animer des ateliers et des conférences, et ultimement, donner l’occasion à de jeunes Autochtones de s’exprimer à travers les arts numériques.

« Un peu comme Wapikoni mobile mais pour les arts numériques. C’est la même idée », dit Stéphane de ce studio ambulant de création audiovisuelle fondé par Manon Barbeau il y a 15 ans. Comme avec Wapikoni, la mission d’Uhu - « hibou », en innu - va au-delà de la formation même, misant notamment sur la confiance en soi, la persévérance scolaire et la transmission de la culture.

À terme, le couple aimerait pouvoir former de jeunes accompagnateurs autochtones qui animeront les ateliers eux-mêmes.

« L'idée, c'est d'accrocher le jeune à un projet de A à Z. On entend souvent des jeunes qui disent "on ne peut pas se projeter dans le futur". L'objectif, c'est de les ancrer dans un projet réel », raconte Andrea.

Un premier arrêt à Montréal

Avant de prendre la route toutefois, Stéphane et Andrea feront un premier arrêt à Montréal, dans des locaux de l’Université Concordia. Stéphane y animera quatre ateliers destinés aux Autochtones de 14 à 30 ans. Aucune expérience en arts numériques n’est requise.

Les ateliers – une collaboration avec l’organisme Montréal autochtone – portent plus précisément sur les effets spéciaux en jeux vidéo et la réalité virtuelle. « On fait un survol, pour comprendre la base », explique l’Innu.

Pour les ateliers en communautés, Stéphane aimerait également enseigner d'autres aspects des arts numériques, comme le dessin numérique ou encore les projections 3D.

Le couple doit par ailleurs encore se trouver des subventions pour pouvoir être véritablement « nomade » – en se procurant notamment un camion, des ordinateurs portables et des logiciels de base du métier, comme Photoshop ou Unity.

« On voit grand », lance Stéphane, sourire en coin.

Les ateliers ont lieu à l’Université Concordia les 20 et 27 janvier, et les 3 et 10 février. L’inscription aux ateliers est obligatoire.

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