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Manifestation à Montréal en appui aux opposants d'un pipeline en Colombie-Britannique

Marlene Hale, de la Nation Wet’suwet’en, prend la parole à la manifestation de Montréal.
Marlene Hale, de la Nation Wet’suwet’en, prend la parole à la manifestation de Montréal. Photo: Radio-Canada / Laurence Niosi
Laurence Niosi

Une centaine de personnes ont manifesté mardi matin devant le bureau de circonscription du premier ministre Justin Trudeau, à Montréal, en guise de solidarité avec le campement anti-gazoduc de la Première Nation Wet'suwet'sen, en Colombie-Britannique.

« Trudeau! Trudeau! À bas les pipelines! », ont scandé les manifestants lors d'un rassemblement sur le boulevard Crémazie. Plusieurs manifestations ont lieu mardi un peu partout au pays contre ce projet de pipeline. 

Les manifestants à Montréal tenaient à appuyer le campement établi par des membres de la Première Nation Wet'suwet'en, sur une route forestière à 700 km au nord-ouest de Vancouver, visant à bloquer la construction du pipeline Coastal GasLink de TransCanada.

La tension a monté d'un cran lundi lorsque la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a arrêté 14 personnes de ce campement afin de faire respecter une injonction pour permettre à TransCanada d'avoir accès à la route et de commencer les travaux de construction du gazoduc.

Les manifestants en Colombie-Britannique soutiennent que la compagnie n’a pas obtenu le consentement des chefs héréditaires de la Nation Wet’suwet’sen pour aller de l’avant avec le projet. De son côté, TransCanada affirme avoir signé des ententes avec toutes les Premières Nations le long du tracé du pipeline.

« Ceux qui ont signé les ententes sont les conseils de bande, qui ont été créés par la Loi sur les Indiens, qui est une loi coloniale. Ceux qui tiennent aux lois traditionnelles, ce sont eux qui disent non », a précisé Jacky Vallée, un enseignant en anthropologie venu appuyer la Nation Wet'suwet'sen, à Montréal.

La manifestation dans la métropole québécoise était organisée notamment par des militants de groupes se définissant comme « anticoloniaux » et « antiracistes ».

Les mêmes groupes invitent les citoyens à manifester encore une fois mardi soir devant les bureaux de TransCanada à Montréal.

Des membres de la Première Nation Wet'suwet'en et des policiers sont face à face au campement anti-oléoduc.Des membres de la Première Nation Wet'suwet'en et des policiers au campement anti-oléoduc dans le nord de la Colombie-Britannique. Photo : Radio-Canada / Chantelle Bellerichard

Des femmes guerrières

Parmi les manifestants, Marlene Hale de la Nation Wet’suwet’en, qui habite Montréal, s'est dite peinée de voir les images de ses proches appréhendés par les policiers.

« Nous sommes les amazones [femmes guerrières] de la Colombie-Britannique, car nous nous battons pour nos terres », a-t-elle souligné. Plusieurs des manifestants sur le campement en Colombie-Britannique, appelé le « point de contrôle Gitimd’en », sont des femmes.

Le projet de pipeline Coastal GasLink doit s'étendre sur environ 700 kilomètres et traverser des terres autochtones entre Dawson Creek et Kitimat, où le projet d’exploitation de gaz naturel liquéfié de 40 milliards de dollars de LNG Canada doit voir le jour.

La Première Nation Wet’suwet’en, qui est composée de cinq clans différents, n’a jamais signé de traité cédant ces terres au gouvernement du Canada. Elle estime donc avoir le pouvoir exclusif de refuser ou d’accorder l’accès au territoire.

Depuis les arrestations lundi, certains des manifestants se sont dirigés vers un autre campement de protestation, Unist’ot’en.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations a réagi mardi aux arrestations de la GRC. « Cet usage de la force contre des personnes pacifiques est une violation des droits de la personne et des droits des Premières Nations », a indiqué Perry Bellegarde dans un communiqué.

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