•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un balado pour promouvoir la langue crie

Nick Wapachee, originaire de Nemaska, au Québec, est celui qui a créé le balado In Eeyou Istchee entièrement en langue crie.

Nick Wapachee, originaire de Nemaska, au Québec, est celui qui a créé le balado In Eeyou Istchee entièrement en langue crie.

Photo : Amanda Quinn

Radio-Canada

Nick Wapachee a créé le balado In Eeyou Istchee en langue crie en espérant que les jeunes de la région de la Baie-James mettent l'anglais de côté afin de se réapproprier la langue de leurs ancêtres.

Né à Nemaska, à environ 700 km au nord de Montréal, l’homme de 29 ans s’inquiète de voir comment l’anglais prend de plus en plus de place au sein de sa communauté.

« Il y a toujours chez nous cette volonté de vraiment préserver notre culture et notre langue. C’est un désir qui se loge au cœur de notre vie », explique en entrevue Nick Wapachee, membre d'une des neuf communautés cries du Québec

L’étudiant en journalisme n’a pas eu d’accès à Internet ni à la télévision par satellite durant une grande partie de son enfance. À cette époque, la plupart des membres de la communauté avaient le cri comme langue maternelle.

L’arrivée des nouvelles technologies et des chaînes par satellite a eu à la fois un effet de cohésion et de division au sein de la communauté, déclare Nick Wapachee.

« Même si les gens pouvaient rester connectés sur de grandes distances, cela signifiait qu’ils allaient se rendre visite moins souvent », dit-il.

Il a aussi remarqué que les contenus en anglais sur le web étaient plus accessibles. « Au début, je n’ai pas beaucoup porté attention à ceux qui exprimaient leurs inquiétudes quant à ce phénomène, raconte-t-il. Mais on voyait bien que les gens commençaient à parler plus l’anglais que le cri. »

Il y a quatre ans, Nick Wapachee a déménagé à Toronto pour aller étudier à l'université. De son aveu, lui aussi s’est mis à parler davantage l'anglais. Lors de ses visites à la maison, il se souvient d'avoir eu parfois du mal à retrouver certains mots cris.

À la rencontre des aînés

C’est dans ce contexte qu’il a constaté une augmentation de l'usage de l'anglais, en particulier chez les plus jeunes. Un jour une conversation avec un aîné de sa communauté l’a finalement poussé à agir.

« Il disait des choses comme: "Quand je leur parle aux jeunes, ils ne me comprennent pas" », ajoute, amer, Nick Wapachee.

L’aîné lui a alors suggéré de créer du contenu en cri. Ensemble, ils ont ainsi passé du temps avec d’autres personnes de la communauté pour enregistrer des récits. Ce fut le début de l’aventure du balado In Eeyou Istchee dont le nom fait référence au territoire des nations cries.

Nick Wapachee, originaire de Nemaska, au Québec, est en train de réaliser un balado entièrement en langue crie.Agrandir l’image

Nick Wapachee, originaire de Nemaska, au Québec, est en train de réaliser un balado entièrement en langue crie.

Photo : Amanda Quinn

« C’est une idée géniale », se réjouit Joshua Iserhoff, directeur adjoint à la Fondation communautaire crie Eenou-Eeyou et qui connaît Nick Wapachee depuis son enfance.

« Le déclin des langues autochtones au Canada est quelque chose de triste et de très décourageant, ajoute M. Iserhoff. Avoir accès à un balado en langue crie nous apporte de l’espoir. On reste fiers de voir que notre langue autochtone demeure forte chez nous. »

L'Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2019 « Année internationale des langues autochtones » afin de sensibiliser les populations sur les « risques critiques » qui touchent ces langues tout en mettant en valeur les liens importants qu’elles ont sur l’identité et la culture.

Lors du recensement de Statistique Canada de 2016, 96 575 personnes ont déclaré parler le cri, ce qui en fait la langue autochtone la plus utilisée au Canada. On apprend également que 26 % des locuteurs de toutes les langues autochtones du pays l'avaient apprise comme langue seconde, contre 18 % en 1996.

D'après un texte de Rhiannon Johnson

Autochtones

Société