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2019 est l’Année internationale des langues autochtones

Un panneau de signalisation en anglais, français et inuit situé à Iqaluit, au Nunavut.
Un panneau de signalisation en anglais, français et inuit situé à Iqaluit, au Nunavut. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Ismaël Houdassine

Rien ne va plus pour les langues autochtones. Si rien n'est fait pour endiguer la baisse des locuteurs, l'UNESCO prévient que la moitié des 6000 langues connues sur la planète auront disparu d'ici la fin du siècle.

Afin de sensibiliser les populations sur les « risques critiques » qui touchent ces langues, l'Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2019 « Année internationale des langues autochtones ». Avec 70 langues autochtones, le Canada est l’un des pays les plus exposés de la planète.

Le pays compte d’ailleurs plusieurs idiomes en voie d’extinction comme le haïda en Colombie-Britannique ou l’abénaquis au Québec. Selon un comité mandaté par Patrimoine Canada, sans mesure concrète, seules trois langues autochtones survivront au pays. Il faut dire que plus des deux tiers des 70 langues autochtones parlées au Canada sont déjà considérées comme « menacées ».

Et la situation est loin de s’améliorer. Selon le dernier recensement de Statistique Canada de 2016, un peu plus de 260 000 Autochtones se disaient en mesure de tenir une conversation de base dans une langue autochtone. Cela représente une baisse de 6 % en 10 ans.

Pour renverser la tendance, Ottawa compte bientôt déposer un projet de loi sur la protection et la revitalisation des langues autochtones, élaboré en concertation avec les trois grandes communautés autochtones du pays, les Inuits, les Métis et les Premières Nations. Le gouvernement Trudeau promet toutefois l'adoption du projet, maintes fois reportée, à l’été 2019.

En attendant, les députés de tous les partis fédéraux ont accepté en décembre dernier de mettre en œuvre la recommandation d'un rapport du Comité de la procédure. Celui-ci préconise les services d'un interprète pour les élus de la Chambre des communes qui souhaitent s’exprimer dans l'une des quelque 70 langues autochtones parlées d'un océan à l'autre.

L’Année internationale des langues autochtones sera l’occasion pour plusieurs communautés de faire entendre leur voix. C'est le cas par exemple des Mohawks de Kahnawake, qui comptent organiser des activités et des manifestations faisant la promotion de la langue kanien'kéha.

Dans le cadre du dernier budget fédéral, 90 millions de dollars supplémentaires ont été accordés sur cinq ans pour la sauvegarde des langues autochtones. Mais beaucoup attendent des gestes concrets. Ainsi, le Nunavut espère que l’Année internationale des langues autochtones forcera le gouvernement canadien à reconnaître l'inuktut comme langue fondatrice de ce territoire, créé en 1999.

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