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Sylvie D'Amours veut traiter avec les Autochtones de « nation à nation »

La députée de Mirabel pour la Coalition avenir Québec et ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Sylvie D'Amours.
La députée de Mirabel pour la Coalition avenir Québec et ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Sylvie D'Amours. Photo: Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Assermentée il y a à peine deux mois, Sylvie D'amours, la ministre québécoise responsable du Secrétariat des Affaires autochtones, dit reconnaître toutes les nations et prioriser les dossiers concernant les femmes et les enfants autochtones.

Un texte d’Anne-Marie Yvon

Invitée à répondre aux questions d’Espaces autochtones et à celles posées par les internautes, la ministre D’Amours a d’entrée de jeu précisé que le dossier autochtone l’intéressait bien avant sa nomination, en octobre. Pendant ses quatre années dans l’opposition, en tant que députée de Mirabel, elle dit avoir suivi de près le dossier des femmes autochtones disparues et assassinées.

D’autres grands enjeux sont tombés dans sa cour depuis qu'elle est en poste à titre de ministre.

Une première rencontre privée avec le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard et le premier ministre Legault, suivie d’une rencontre avec les chefs de toutes les nations ou leurs représentants lui ont permis d’établir une base de dialogue.

« Et on veut travailler ensemble, dit la ministre, on n’impose pas notre façon de faire, on veut la créer ensemble. »

Une paix des braves II?

En campagne électorale, François Legault avait promis que s’il était élu premier ministre, il serait prêt à réaliser « des ententes » avec les nations autochtones sur le même principe que l’accord de la paix des braves signé en 2002. À ce sujet, la ministre dit que son gouvernement est prêt à travailler dans la perspective de trouver une entente de nation à nation pour cette paix des braves II, si ce n’est pas possible de le faire globalement.

Des discordes sont tout de même à prévoir avec certaines nations, dont la nation innue, chacun demeurant campé sur ses positions dans le projet de parc éolien Apuiat. D’un côté, les chefs et les élus des neuf communautés de la nation innue réaffirment haut et fort que le projet est toujours vivant.

Du côté du gouvernement, « c'est un beau projet, mais la problématique, c'est qu'on est en surplus [...] » insiste Mme D’Amours. Il y a quelques jours, le premier ministre caquiste, François Legault, l’a mis de côté, s'appuyant sur le surplus d'électricité produit en ce moment par Hydro-Québec.

Le rapport de la commission Viens

En septembre 2019, Sylvie d’Amours recevra le rapport final de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (CERP), qui concluait ses audiences publiques vendredi.

« Je vais attendre de voir ce que le commissaire Viens va déposer comme rapport [...] On devra prioriser certaines recommandations. [...] On ne peut pas travailler toutes les recommandations en même temps. »

« J'espère que le rapport [de la CERP] aura des pistes et des propositions, mais aussi qu'il ait en tête quel but on doit atteindre. Le comment, on le décidera ensemble, de nation à nation. »

Plusieurs autres questions ont été soulevées lors de la rencontre avec la ministre d’Amours, dont la crise du suicide dans le Nord, qui continue de faire les manchettes, mais aussi les préoccupations des dirigeants inuits concernant le système de justice.

La ministre dit être là pour les aider, les accompagner. « Ils ont une réalité différente, des besoins différents, des façons de faire différentes », concède la ministre, en précisant que c’est à son gouvernement de s’adapter et que sa porte est ouverte à leurs demandes.

« Ce n'est pas l'intention de la CAQ, de créer un ministère des Affaires autochtones en bonne et due forme, nous apprend la ministre D'Amours, questionnée sur cette idée avancée par l’ancien ministre responsable du secrétariat des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.

La ministre voit plutôt le secrétariat comme « un pont entre les ministères. Il sera un lien entre tous les ministères et toutes les nations », ajoute-t-elle.

La franchise d'une ministre

La réponse la plus étonnante de Mme D'Amours surviendra en cours d'entrevue. À la question « Vous n'avez que quatre ans pour faire tout ça », la ministre répond : « Moi, je ne travaille pas pour quatre ans. Quand un député ou un ministre travaille parce qu'il a juste quatre ans, ben c'est parce qu'il veut se faire réélire dans quatre ans. »

Et d'ajouter candidement : « Je suis désolée de vous le dire, moi j'en ai rien à foutre si je vais être réélue ou pas, parce que pendant les quatre ans, je veux travailler et je veux que ce soit à long terme et que ce soit permanent. »

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