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Chronique économique : les Galeries Montagnaises sont devenues le centre névralgique de Sept-Îles

Devanture des Galeries Montagnaises.
Le centre commercial Les Galeries Montagnaises est la propriété du conseil de bande de Uashat-Maliotenam. Photo: Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau

Gérer le plus gros centre commercial de Sept-Îles : voilà ce que font les Innus de Uashat mak Mani-Utenam depuis plus de 40 ans. Et ils le font avec succès.

Par Luc André

[Chronique] Les Galeries Montagnaises regroupent plus 60 boutiques. Parmi elles, il y a deux grandes enseignes, soit Walmart et le supermarché Maxi. C’est dire le pouvoir d’attraction des Galeries implantées en 1976 et qui constituaient, à l’époque, le seul centre commercial du Canada dont la propriété était autochtone.

Selon la jeune directrice générale Kateri Jourdain, une Innue de Uashat, les Galeries constituent d’abord une fierté pour Uashat et Maliotenam. Mme Jourdain est fière par exemple de son personnel de 14 personnes, très majoritairement autochtone.

Autre objet de fierté : le centre commercial génère des profits. Une partie de ceux-ci ont permis d’effectuer d’importantes rénovations.

On a changé le visage extérieur du centre tout en embellissant l’intérieur. Le but était de rendre les Galeries plus accueillantes, d’améliorer le confort et la sécurité des clients qui y magasinent et de satisfaire les propriétaires de boutiques.

Des débuts difficiles

Les Galeries Montagnaises ont cependant connu des débuts difficiles. Il fallait alors dénicher 9 millions de dollars, une somme énorme en 1976, pour ériger une telle construction.

Les institutions financières, encore moins habituées alors à traiter avec les Autochtones, étaient des plus méfiantes. Normal, on n’avait jamais vu un investissement d’une telle ampleur, omission faite de ceux effectués par les grandes sociétés minières.

Il fallait aussi trouver des entreprises de construction prêtes à engager des travailleurs innus et dénicher des administrateurs compétents capables de suivre de près le chantier.

Une fois l’immeuble construit, il fallait cette fois engager des spécialistes dans la vente au détail, identifier des gestionnaires capables de gérer efficacement un centre commercial et trouver des propriétaires de boutique prêts à louer des espaces.

Il fallait être à la hauteur de la confiance exprimée par les membres des communautés qui avaient appuyé la construction des Galeries Montagnaises dans une proportion de 95 % lors d’un référendum. Un résultat dû en bonne partie au leadership du chef de l’époque Daniel Vachon.

Le message que voulaient lancer les instigateurs était que les Innus sont capables comme n’importe quel peuple normal de gérer leurs propres affaires et de le faire de manière professionnelle.

Les Galeries Montagnaises représentent une source d’emplois importante à Sept-Îles

Kateri Jourdain, directrice générale des Galeries Montagnaises.Kateri Jourdain, directrice générale des Galeries Montagnaises de Sept-Îles Photo : gracieusete

Les boutiques et les magasins pris dans leur ensemble emploient entre 500 et 600 personnes, dont 15 % sont des Autochtones.

Selon une étude produite par les Galeries, le total des ventes du centre commercial atteint plus de 90 millions par année. Les communautés autochtones qui viennent de partout sur la Côte-Nord et même de Schefferville pour y magasiner dépensent à elles seules plus de 20 millions de dollars.

Le taux d’occupation de l’espace se maintient à 95 % depuis des années.

La directrice générale Kateri Jourdain prend acte de la concurrence accrue exercée par la vente en ligne. Elle croit cependant que les gens de la Côte-Nord aiment mieux, pour l'instant, magasiner traditionnellement.

Les Galeries Montagnaises : un modèle pour de futurs entrepreneurs innus

La création des Galeries constitue un symbole fort et concret pour les Innus qui voulaient se lancer en affaires.

La construction de ce centre commercial allait faire des petits. On retrouve aujourd’hui dans les communautés de Uashat et Maliotenam des entreprises de construction, de plomberie, d’électricité, de machineries lourdes, d’artisanat. En fait, les deux communautés comptent plus de 70 entreprises.

Les Galeries Montagnaises représentent sans aucun doute un élément de fierté pour les Innus, mais elles constituent aussi un acteur économique incontournable de la région.

L'économie autochtoneL'économie autochtone avec Luc André Photo : Radio-Canada

Luc André est originaire de la communauté innue de Maliotenam. Il est diplômé en administration et a travaillé pendant plus de trente ans en développement économique. Il connaît de l'intérieur les difficultés auxquelles font face les nations autochtones pour se doter des outils économiques nécessaires à leur émancipation. De plus, il a été aux premières loges de ces petits « miracles » qui parfois surgissent et qui démontrent que les Autochtones sont les mieux placés pour gérer leurs propres affaires.

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