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Le Congrès des peuples autochtones en voie de reconnaissance

Robert Bertrand, président du Congrès des peuples autochtones (CAP)
Robert Bertrand, président du Congrès des peuples autochtones (CAP) Photo: Radio-Canada

Le Congrès des peuples autochtones (CPA), qui représente les intérêts des Indiens inscrits ou non inscrits vivant hors des réserves, des Métis et de certains Inuits, vient de signer un accord politique avec le gouvernement canadien. Un premiers pas vers la reconnaissance pleine et entière.

un texte d'Ismaël Houdassine

Au terme d'une rencontre avec Carolyn Bennett, la ministre des Affaires autochtones et du Nord Canada, le chef national du CPA, Robert Bertrand, a parlé d’une « entente historique » après presque deux décennies de revendications concernant le besoin de programmes hors réserve pour les populations autochtones.

« Les Autochtones vivant hors réserve ne reçoivent pas tous les services auxquels ils ont droit en matière de santé, de justice, de logement et d’environnement. On espère que les choses vont changer », a déclaré en entrevue Robert Bertrand.

Cet accord entre Ottawa et le CPA, l’une des cinq organisations nationales autochtones, suit la décision de la Cour suprême en faveur des 600 000 Métis et Indiens non inscrits, rendue en avril 2016. Dans l'arrêt Daniels, le plus haut tribunal du pays avait alors jugé qu'ils sont des « Indiens » au sens de la loi, estimant ainsi qu'ils sont sous la responsabilité du gouvernement fédéral.

« On va pouvoir décider des répercussions légales de la décision Daniels, a déclaré M. Bertrand. Avec cet accord, on va s’asseoir autour d’une table pour discuter des demandes urgentes comme le logement et l’éducation. »

« C’est assez rare que la Cour suprême rende une décision à l’unanimité, a-t-il ajouté. Les Métis et les Indiens non inscrits vivant hors réserve doivent maintenant être considérés comme des Indiens à l'échelle du pays. »

Alors que le gouvernement libéral s’est engagé à établir de nouvelles relations avec les Autochtones, le chef national du CPA voudrait les mêmes services et les mêmes droits que les Autochtones vivant dans les réserves.

« Je ne sais pas si on va avoir tous les droits, mais c’est un début, a-t-il dit. En réserve, les Autochtones sont soutenus au niveau du logement et de l’éducation supérieure. Quant aux enfants des Autochtones vivant hors réserve, ils n’ont droit à aucun de ces privilèges. »

Alors oui, on va demander que les Autochtones hors réserve soient traités aussi bien que ceux et celles des réserves.

Robert Bertrand, chef national du Congrès des peuples autochtones

Avec la signature d’un tel accord politique, M. Bertrand s'attend à plusieurs années de négociation pour arriver à une entente commune. « Ce sont des sujets complexes qu’il va falloir discuter au cas par cas. On en a encore pour plusieurs années. Il y a des secteurs où les provinces devront être impliquées. Mais au moins, on a les pieds dans la porte. »

En décembre dernier, le chef national du CPA avait exprimé sa déception d'avoir été exclu d'une rencontre sur la réconciliation avec les peuples autochtones. Un an après le dépôt du rapport sur les répercussions tragiques des pensionnats autochtones, le premier ministre Justin Trudeau avait eu un entretien avec les leaders de l'Assemblée des Premières Nations (APN), du Ralliement national des Métis (RNM) et de l'Association inuite Tapiriit Kanatami.

Métis algonquin originaire de Fort-Coulonge, en Outaouais, Robert Bertrand a été député libéral fédéral de Pontiac-Gatineau-Labelle de 1997 à 2004. Il a également été président et grand chef de l’Alliance autochtone du Québec.

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