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Femmes autochtones : l’indifférence et l’impunité montrées du doigt

Un sac de papier brun sur lequel est écrit «larmes» repose à côté d'une boîte de papiers-mouchoirs et de deux tambours rituels autochtones en peau d'animal.
Un sac utilisé pour recueillir les larmes des témoins de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées repose à côté de tambours rituels avant d'être brûlé dans un feu sacré à la fin du passage de la commission à Richmond, en Colombie-Britannique. Photo: La Presse canadienne / Darryl Dyck

Et si 1200 hommes blancs étaient portés disparus? Une intervenante de première ligne a dénoncé l'indifférence du public et l'impunité des agresseurs des femmes autochtones à la dernière semaine de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

Un texte de Laurence Niosi

L’enquête conclut ses activités cette semaine à Ottawa avec la présentation des observations finales des parties ayant qualité pour agir – des organismes, des représentants des gouvernements, pour la plupart.

« Si 1200 hommes blancs avaient disparu, ça se retrouverait à la une de tous les médias du pays », a déclaré mercredi, la gorge nouée, Summer-Rain Bentham, qui travaille à Battered Women’s support services, un organisme de Vancouver qui soutient les femmes victimes de maltraitance.

La femme de la nation Squamish a précisé qu’elle parlait en tant qu’intervenante de première ligne, mais également en tant que « survivante », ayant passé 14 ans de sa vie dans la rue, dans le quartier défavorisé de Downtown Eastside, à Vancouver.

« Je suis née dans la pauvreté et suis un produit du système de protection de l’enfance [...] J’ai été visée depuis l’âge de deux ans par presque tous les hommes qui ont été dans ma vie, parce que pour ces hommes et pour l’État, j’étais une femme autochtone », a-t-elle témoigné.

« Et je veux préciser que ces hommes étaient en majorité blancs. Ils savaient qu’il n’y aurait pas de conséquences à leurs actions », a-t-elle ajouté devant les commissaires, dénonçant du même souffle « l’impunité des hommes blancs ».

Summer-Rain Bentham, intervenante à Battered Women’s support services de Vancouver, témoigne à l'enquête nationale sur les femmes autochtones.Summer-Rain Bentham, intervenante à Battered Women’s support services de Vancouver, témoigne à l'enquête nationale sur les femmes autochtones. Photo : Radio-Canada

« Je sais que vous avez entendu pendant les audiences que ce sont surtout les hommes autochtones qui commettent ces violences. De mes 15 ans d’expérience, en tant qu’intervenante, et mes 35 ans de vie, je ne suis pas d'accord avec cela », a-t-elle dit.

1400 témoignages

Lors de 15 audiences communautaires, l'enquête a entendu les témoignages de 1484 personnes, principalement des survivantes et des proches des victimes, a fait savoir l’ENFFADA dans un communiqué envoyé mercredi. Une centaine d’experts ont également témoigné.

Les commissaires recevront les recommandations de près de 60 parties ayant qualité pour agir, qui ont pu déposer leurs rapports lors d’audiences à Ottawa, mais également à Calgary à la fin novembre.

Les commissaires ont jusqu’au 30 avril pour remettre leur rapport final au gouvernement fédéral.

Critiquée par les familles notamment, l'Enquête a été ponctuée de dizaines de démissions et de licenciements depuis ses débuts, en 2016.

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