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« Les questions des femmes autochtones de Val-d’Or ne doivent pas être noyées dans un océan de vœux pieux »

La commission Viens s'installe pour trois semaines à Maliotenam.
La commission Viens entame son dernier bloc à Val-d'Or (archives). Photo: Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Radio-Canada

La productrice Michèle Rouleau a insisté lors de son témoignage devant la commission Viens sur l'importance de pouvoir compter sur une réelle volonté politique pour concrétiser les recommandations de la commission, et aussi de ne pas marginaliser les « événements de Val-d'Or ». La présidente fondatrice de Wapikoni Mobile, Manon Barbeau, a quant à elle exposé ses réflexions sur le thème de la réconciliation.

Un texte de Thomas Deshaies

La productrice Michèle Rouleau, qui a notamment été directrice du Centre d’entraide et d’amitié autochtone de Senneterre, a martelé l’importance « d’avoir une réponse à la problématique de départ ». Les questions des femmes autochtones de Val-d’Or ne doivent pas être noyées dans un océan de vœux pieux, a-t-elle affirmé, en rappelant que ce sont ces événements qui ont mené à la création de la commission d’enquête.

Rappelons que des femmes affirmaient en 2015 avoir été victimes d’inconduites de la part de certains policiers. Des organismes avaient ensuite réclamé la tenue d’une commission d’enquête pendant plusieurs mois.

Elle a expliqué avoir rencontré de nombreuses femmes autochtones au pays qui ont la perception que la prise de parole des femmes de Val-d’Or n’a finalement donné lieu à « aucune suite ». À quoi ça sert, faire une plainte? Dans leur perception, il ne s’est rien passé [après leur plainte], a-t-elle dit.

On ne peut pas trouver une solution à un problème si on ne reconnaît pas qu’il y a un problème. Il y a un problème sérieux avec les relations avec certains policiers.

Michèle Rouleau

S’attaquer au système

La présidente fondatrice de Wapikoni Mobile, Manon Barbeau, a elle aussi abordé des enjeux reliés aux forces de l’ordre. Tout en affirmant qu’il existait de nombreux policiers dévoués, elle s’est questionnée sur les exigences requises pour intégrer la police. Ils ont le pouvoir de vie ou de mort, a-t-elle rappelé. Les exigences ne sont probablement pas assez élevées au niveau de l’humanité de la personne, de la sagesse de la personne, et il faudrait élever les critères.

Mme Rouleau a quant à elle souligné l’importance de ne pas permettre aux personnes racistes et habitées par des préjugés d'être protégées par le système.

On ne peut pas mettre fin au racisme de certains individus, mais on peut les empêcher de se cacher derrière un système.

Michèle Rouleau

Manon Barbeau estime que le terme réconciliation n’était peut-être pas approprié dans les circonstances. Les blessures sont vraiment d’un côté et celui qui a causé les blessures, c’est vraiment de l’autre, a-t-elle expliqué. C’est plus un processus de réparation qui doit être fait.

Nous n’en sommes pas encore à l’étape de la réconciliation, a aussi tranché Mme Rouleau. Pour la simple raison qu’on ne se connaît pas, et c’est assez difficile de dire qu’on va se réconcilier quand il y a une méconnaissance. La première étape, c’est de se connaître, a-t-elle témoigné.

Les témoignages de mercredi ont ouvert le dernier bloc d’audiences de la commission d’enquête, où plusieurs personnalités qui s'impliquent dans leur milieu viendront proposer leurs réflexions sur le thème de la réconciliation. Des procureurs représentant les différents services publics présenteront également leurs plaidoyers.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones