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Commission Viens : plaidoyers pour l’implication des jeunes dans la réconciliation

Une jeune femme et un jeune homme témoignent lors d'une commission d'enquête.
Fabienne Théorêt et Étienne Gignac ont témoigné lors de la commission Viens. Photo: Radio-Canada / Thomas Deshaies
Radio-Canada

L'importance d'inclure les jeunes Autochtones et non-Autochtones dans le processus qui mènera à une réconciliation a été au cœur des discussions mercredi matin, lors de cette première journée du dernier bloc d'audiences de la commission Viens.

Un texte de Thomas Deshaies

La jeunesse, c’est une des clés du changement, a déclaré Crystal Dawn Jerome, représentante de Femmes autochtones du Québec.

Sa collègue Jennifer Brazeau, qui a aussi témoigné, a appuyé ses propos. Beaucoup de nos recommandations portent sur l’éducation, pour préparer les jeunes Autochtones à jouer un rôle dans la réconciliation, a-t-elle affirmé.

L’intervenant au Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or Étienne Gignac estime qu’en plus du rôle crucial des aînés, il ne faut pas oublier de donner la parole aux jeunes. Il y a une certaine réconciliation qui est en train de se faire présentement [à Val-d’Or], mais ça va prendre plus de jeunes des deux côtés, autant autochtone qu’allochtone, a-t-il souligné.

Il faut leur donner la chance de s’exprimer, de dire comment ils voient les choses.

Étienne Gignac, intervenant au Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or

Un sentiment de culpabilité à vaincre

Fabienne Théorêt, une Métisse qui travaille auprès des jeunes Autochtones, a expliqué à la commission avoir dû composer durant toute sa jeunesse avec un sentiment de culpabilité. Une situation dans laquelle se trouveraient de nombreux jeunes Autochtones, selon ce qu’elle constate.

Ils ne s’estimeraient pas assez connectés avec leur culture. Ils se sentent coupables, puis ils se disent : "Je ne pourrai jamais parler ma langue, je ne l’ai pas apprise quand j’étais petit", mais ce n’est pas vrai, il n’est jamais trop tard pour apprendre. J’ai rencontré des aînés qui ont appris leur langue à 35 ans, explique-t-elle.

En tant que fille d’une mère anichinabée et d’un père non autochtone, elle a aussi raconté avoir vécu de l’exclusion de la part des non-Autochtones, mais aussi des Autochtones. D’un côté, on me disait : "Tu n’es pas blanche, tu as la peau brune"; puis d’un autre côté, on me disait : "Tu parles comme une Blanche, tu habites en ville". Je ne me suis jamais sentie à ma place, a-t-elle déploré.

Mme Théorêt a souhaité que les choses changent. Il faut qu’on se pardonne puis qu’on fasse de quoi, c’est le temps, là, a-t-elle tranché. Il y a des jeunes à l’école qui ont le même combat que moi, je ne veux pas qu’ils vivent la même chose.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones