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La ministre Jane Philpott promet de mettre fin au système qui transforme les enfants autochtones en « marchandises »

La ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, entourée des représentants des Premières Nations, des Inuits et des Métis, répond à une question à Ottawa, le vendredi 30 novembre 2018

La ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, entourée des représentants des Premières Nations, des Inuits et des Métis, répond à une question à Ottawa, le vendredi 30 novembre 2018

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Entourée vendredi des représentants des Premières Nations, des Inuits et des Métis, la ministre fédérale des Services aux Autochtones, Jane Philpott, a annoncé qu'Ottawa était prêt à céder le contrôle des services de protection de l'enfance aux gouvernements autochtones afin de réduire le nombre considérable d'enfants placés en famille d'accueil.

Mme Philpott a déclaré qu’un nouveau projet de loi, élaboré en collaboration avec les dirigeants autochtones, donnerait aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis le pouvoir de prendre en charge leurs propres enfants ayant besoin de soins.

Jusqu’ici, la plupart de ces enfants autochtones sont hébergés dans des structures de protection de l'enfance régies par les provinces canadiennes. Les critiques dénoncent un système qui ne répond pas à leurs besoins particuliers.

« Bien que seulement 7,7 % de tous les enfants canadiens de moins de 14 ans soient Autochtones, ils représentent 52,2 % de tous ceux placés en famille d'accueil. Des chiffres étonnants qui exigent une réponse », a déclaré la ministre.

En éloignant les enfants de leur langue, de leur culture et de leurs traditions, beaucoup craignent de reproduire les erreurs commises avec les pensionnats autochtones ou lors de la « Rafle des années 1960 ».

« Aujourd'hui encore, des enfants sont enlevés à leurs familles, et cette législation marque un tournant », a dit Mme Philpott qui promet de mettre fin au système « pervers » qui transforme les enfants autochtones en « marchandises ».

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a déclaré que le système de protection de l'enfance devrait plutôt mettre l'accent sur la prévention des problèmes familiaux.

Les Premières Nations sont prêtes à réformer les services à l'enfance et à la famille d'une manière qui respecte nos droits, notre culture et nos structures familiales. Des lois obsolètes freinent l’avancée des Premières Nations depuis des années

Perry Bellegarde, chef national de l'Assemblée des Premières Nations

Pour sa part, l’Assemblée des Premières Nations Québec et Labrador (APNQL) se félicite de ce projet de loi.

« Toute loi proposée doit affirmer nos droits ancestraux et issus de traités comme normes minimales et fournir le cadre nécessaire à la réconciliation en matière de protection de l'enfance des Premières Nations. Je continuerai avec nos chefs à assurer la pleine collaboration de tous les ordres de gouvernement », a souligné Ghislain Picard, chef de l’APNQL.

Le projet de loi sera présenté à la Chambre des communes au début de 2019, a précisé la ministre. Les modalités quant au transfert de compétence n’ont pas encore été détaillées, mais les dirigeants autochtones espèrent qu’elles seront effectives avant les élections fédérales de l’automne prochain.

D'après les informations de John Paul Tasker de CBC et de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Avec les informations de CBC

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