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Chronique économique : les Innus veulent une réponse définitive au sujet d’Apuiat

Les éoliennes de la Seigneurie de Beaupré

Un parc éolien

Photo : Radio-Canada/Jean-François Nadeau

Radio-Canada

[Chronique] Les Innus attendent toujours une réponse claire du premier ministre Legault au sujet du projet de parc éolien Apuiat. Dans le contexte où François Legault met de l'avant la baie James du XXIe siècle et qu'il courtise l'Ontario, il ne doit pas oublier que la production d'électricité au Québec provient avant tout des territoires autochtones.

par Luc André

Le premier ministre du Québec François Legault a rencontré tous les chefs des Premières Nations du Québec, le 19 novembre à Wendake (près de Québec).

On parlait d’une visite de courtoisie. Or, la nation innue voulait connaître la position précise de Québec sur le projet éolien Apuiat.

Il s’agit d’un projet économique vital pour les Innus, porté par les neuf communautés innues.

C’est un des rares projets économiques qui a rassemblé l’ensemble de la nation.

Il s’agit, rappelons-le, d’un parc éolien de 200 MW qui serait érigé sur le territoire traditionnel (Nitassinan) des Innus d’Uashat mak Mani-Utenam entre les villes de Port-Cartier et Sept-Îles.

L’entreprise qui a été créée spécifiquement pour ce chantier est contrôlée à 51% par les Innus. Boralex constitue l’autre partenaire, avec ceci de particulier que cette entreprise investit la majorité du capital.

Apuiat devrait créer lors de sa phase de construction autour de 400 emplois. Par la suite, 18 postes permanents demeureraient dans la région pour gérer et entretenir le parc.

Sans compter que les entreprises innues comme les entreprises non autochtones pourraient également profiter du projet en tant que fournisseurs. Coût total : six cents millions de dollars. La fin des travaux était prévue en 2022.

Des projets « plus utiles » en vue?

Jean-Charles Piétacho participait vendredi à la rencontre avec le nouveau premier ministre du Québec, François Legault.

Le chef de la communauté innue d'Ekuanitshit, en Minganie, Jean-Charles Piétacho.

Photo : Radio-Canada

Lors de cette rencontre à Wendake, M. Legault a abordé le projet Apuiat soulignant que d’autres projets pourraient être analysés et que ceux-ci seraient « plus utiles pour leurs communautés ».

Les Innus demeurent toujours dans l’attente de connaître concrètement quels seraient ces projets « plus utiles ».

Le chef d'Ekuanitshit (Mingan), Jean Charles Piétasho, croit que le premier ministre devrait être plus précis sur ses plans futurs.

« Le premier ministre dit qu’il ne construira pas de barrages pendant son mandat. Que le surplus d’électricité d’Hydro-Québec prendra du temps à écouler. Mais on ne sait pas. Peut-être que ce surplus sera vite épuisé. C’est à ce moment qu’on pourrait compter sur l’électricité générée par Apuiat » affirme le chef Piétacho.

Le chef se redoute aussi que le premier ministre prenne comme modèle « la paix des braves » signée avec les Cris par Bernard Landry.

« Cette entente était possible parce que les Cris ont accepté de céder leur droit sur une partie des terres ancestrales. » Une condition que les Innus ont toujours refusée.

Un impact économique important

Avec le projet Apuiat, chaque communauté aurait reçu un million de dollars par année pendant vingt-cinq ans, une somme qui servirait à asseoir le développement économique des Innus. Voilà ce qui constitue le principal enjeu du projet Apuiat.

« Notre équipe responsable du dossier a rencontré plusieurs fois les représentants du gouvernement et Hydro Québec. Ils ne se sont jamais prononcés sur la suite du projet ou encore sur la possibilité qu’il se réalise, » affirme Jean-Charles Piétacho.

Les Innus veulent être fixés le 29 novembre alors qu’une autre rencontre est prévue avec le premier ministre François Legault. L’objectif des Innus consiste cette fois à sortir de la réunion avec une réponse, qu’elle soit positive ou non.

L'économie autochtone

L'économie autochtone avec Luc André

Photo : Radio-Canada

Luc André est originaire de la communauté innue de Maliotenam. Il est diplômé en administration et a travaillé pendant plus de trente ans en développement économique. Il connaît de l'intérieur les difficultés auxquelles font face les nations autochtones pour se doter des outils économiques nécessaires à leur émancipation. De plus, il a été aux premières loges de ces petits « miracles » qui parfois surgissent et qui démontrent que les Autochtones sont les mieux placés pour gérer leurs propres affaires.

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