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Ottawa investit 6 M$ pour un centre de désintoxication inuit

Les plans du nouveau centre de traitement en dépendances Isuarsivik à Kuujjuaq, au Nunavik.
Les plans du nouveau centre de traitement en dépendances Isuarsivik à Kuujjuaq, au Nunavik Photo: Courtoisie Isuarsivik
Radio-Canada

Un centre de traitement en dépendances au Nunavik pourra accueillir quatre fois plus de patients dès l'an prochain grâce à la contribution de 6 millions de dollars du gouvernement fédéral. Une annonce qui intervient alors que la région est ébranlée par une nouvelle vague de suicides.

Un texte de Laurence Niosi

L’organisme communautaire Isuarsivik, le seul au Nunavik à offrir un service de traitement des dépendances, opère depuis la fin des années 1990 à partir de l’un des plus anciens édifices de Kuujjuaq, construit par l’Armée de l’air américaine pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mais « l’âge, la taille et la disposition des installations » l'empêchent de répondre à la demande.

Le projet de 37 millions de dollars prévoit le déménagement du centre actuel quelques kilomètres plus loin, dans un nouvel immeuble plus fonctionnel et doté d'une plus grande capacité d’accueil. La construction devrait débuter l'été prochain.

Le centre actuel, avec ses neuf lits, peut accueillir 45 patients par année et se voit contraint de refuser des malades. L’objectif que vise le nouveau centre est de pouvoir traiter 175 personnes annuellement, en plus de développer des services et des zones d’hébergement pour la famille des patients.

Le centre prévoit également traiter des femmes enceintes qui veulent réduire leur consommation d’alcool. Le syndrome d’alcoolisation foetale toucherait un grand nombre de femmes inuites, selon les autorités en santé de la région.

Vague de suicides

La contribution du gouvernement fédéral au projet de centre survient au moment où le Nunavik traverse une grave crise de suicides, qui a touché particulièrement le village de Puvirnituq. À Kuujjuaq, le plus grand village de la baie d’Ungava avec 2700 habitants, le taux de suicide est 25 fois plus élevé que dans le reste du Québec.

L’organisme communautaire a donc pris avantage de la triste conjoncture pour relancer le gouvernement fédéral, qui tardait à confirmer son soutien depuis deux ans. « On a envoyé une lettre [à la ministre des Services aux Autochtones Jane Philpott] le 29 au matin, et le 29 en après-midi, on avait un brouillon de lettre de la ministre nous annonçant que les 6 millions s’en venaient. Donc, je pense que ça a accéléré les choses », soutient Philippe-Alexandre Bourgouin, coordonnateur au centre.

Le centre Isuarsivik a déjà amassé 17 millions de dollars, dont 8,5 millions viennent du gouvernement du Québec, une somme prévue dans le dernier budget, et 1 million de l’Administration régionale Kativik. Pour la balance, Isuarsivik compte sur une contribution d’un programme d’Infrastructure Canada pour les communautés nordiques.

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