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L'armée lance un programme pour attirer les Autochtones francophones dans ses rangs

Luc O'Bomsawin et l'adjudant Moogly Tétrault-Hamel.

Luc O'Bomsawin, président de l'Association des vétérans autochtones du Québec, et l'adjudant Moogly Tétrault-Hamel étaient présents au lancement du programme Carcajou.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour donner une chance aux Autochtones de faire une carrière militaire, les Forces armées canadiennes (FAC) lancent Carcajou, un programme d'emploi d'été qui allie la culture et les enseignements autochtones avec l'instruction militaire de base. Des cours semblables sont offerts en Alberta ou au Nouveau-Brunswick, mais Carcajou sera le premier en français.

Un texte de Delphine Jung

Le lancement de ce programme s’est déroulé mercredi, à la Maison amérindienne de Saint-Hilaire, en présence de nombreux représentants des armées et de militaires autochtones.

Le choix de l’endroit est surtout symbolique. « C’est la seule place autochtone qui ne se trouve pas sur une communauté. C’est un endroit neutre à côté du mont Saint-Hilaire, qui est un endroit sacré », explique l’adjudant Moogly Tétrault-Hamel, qui compte 18 ans de service.

Des programmes similaires des FAC existent déjà dans l’ouest avec Bold Eagle ou encore avec Black Bear au Nouveau-Brunswick, mais Carcajou sera le permier donné en français, dès l'été prochain, à Valcartier au Québec.

« La contribution des Autochtones [dans l’armée] ne date pas d’hier, je suis sûre que ce nouveau programme va permettre d’accueillir encore plus d’Autochtones au sein des FAC », dit la brigadière-générale Jennie Carignan.

La brigadière-générale Jennie CarignanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La brigadière-générale Jennie Carignan s'est dite fière du lancement du programme Carcajou.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

D'après le ministère de la Défense, on comptait 2,7 % de militaires autochtones en 2017.

« Nous voulons que les Autochtones apprennent de nouvelles choses, qu’ils voient qu’il y a des choses en dehors de nos communautés. Le but est de donner à nos jeunes cette fierté qu’ils ont perdue et développer un sentiment d’appartenance », ajoute Luc O’Bomsawin, président de l’Association des vétérans autochtones du Québec.

Étalé sur six semaines, du début de juillet à la mi-août, le programme commencera par un camp culturel mené par des aînés autochtones de la région, notamment de la communauté de Wendake, mais aussi de Manawan.

Il y a un besoin des communautés à ce niveau-là. Elles nous ont signalé que certains de leurs membres n'ont pas de connaissances sur leur culture.

Une citation de : Lieutenant-colonel Maureen Wellwood

La deuxième partie du programme sera un cours de qualification militaire de base. « Ils vont apprendre les mêmes choses que n’importe quel réserviste, tels les premiers soins, les exercices militaires ou encore la survie en campagne », précise la lieutenant-colonel Maureen Wellwood, également présente au lancement de Carcajou.

Pendant ces six semaines, le matériel leur sera fourni et ils seront nourris et logés. Leur salaire s'élèvera à 4500 $.

Possibilités à long terme

Si la participation au programme ne requiert aucun engagement de la part des jeunes recrues à long terme, les plus motivés pourront toutefois intégrer les unités de la première réserve au Québec à temps partiel ou entrer dans les forces régulières.

Ceux qui vivent dans les contrées plus éloignées pourront rejoindre le groupe de patrouille des rangers.

Pour le moment, le budget de ce programme n'est pas encore ficelé et le nombre de participants n’est pas limité.

Les seuls critères pour intégrer Carcajou sont, en plus d’être Autochtone, d’avoir au moins 16 ans, d’être citoyen canadien et d’avoir acquis au moins 24 unités de 4e secondaire. Les candidats passent également une entrevue, un test d’aptitude et un examen médical.

« Nous cherchons des gens motivés, intéressés à découvrir quelque chose de différent et prêts à relever des défis », détaille le capitaine Kevin O’Connor, responsable du recrutement à la 2e Division du Canada.

Culture autochtone et militaire

Quant à savoir si les valeurs militaires sont compatibles avec celles des Autochtones, personne ne semble en douter.

Luc O’Bomsawin estime que le mariage des deux mondes est possible.

L’armée a adopté des stratégies et des façons d’agir autochtones. Les notions d’assimilation du territoire, de polyvalence, d’adaptabilité et de rapidité d’action existent dans les communautés autochtones et dans l’armée.

Une citation de : Luc O’Bomsawin, président de l’Association des vétérans autochtones du Québec

Deux jeunes militaires algonquins présents abondent dans ce sens. Engagé dans l’armée depuis cinq ans, l’un d’eux, Dany Soucy, assure que ses coutumes sont respectées.

Le caporal arbore fièrement sa tresse, rappelant que, dans sa culture, il est important pour un homme de garder ses cheveux longs.

Deux militaires posent en tenue face à la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laurence Séguin et Dany Soucy sont deux Algonquins qui sont entrés dans l'armée canadienne.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Pour le moment, le principal défi des FAC est de faire connaître le programme Carcajou dans les communautés.

« Nous travaillons sur ce point avec le centre de recrutement des FAC et certaines équipes iront dans les communautés. Nous avons besoin de points de contact avec elles. Nous allons aussi beaucoup utiliser les réseaux sociaux, notamment Facebook, pour rejoindre les candidats potentiels », précise Kevin O’Connor.

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