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344 000 $ pour les langues autochtones à Montréal

Le député Marc Miller, avec le directeur général de Montréal autochtone, Philippe Meilleur.
Le député Marc Miller, accompagné du directeur général de Montréal autochtone, Philippe Meilleur, annonce le versement de 344 000 $ pour la promotion des langues autochtones. Photo: Radio-Canada / Laurence Niosi

Patrimoine canadien a annoncé mercredi le versement de 344 292 $ sur deux ans à l'organisme Montréal autochtone afin de revitaliser les langues autochtones, qui sont en déclin dans la région métropolitaine comme ailleurs au pays.

Un texte de Laurence Niosi

« Concrètement, l’annonce, c’est qu’on passe d’un financement annuel qui était partiel, car on avait du financement les trois quarts de l’année, à un financement sur deux ans », s’est réjoui le directeur de Montréal autochtone Philippe Meilleur, parlant d’un « geste de réconciliation ».

L’annonce du financement s’est déroulée dans les bureaux de l'organisme de bienfaisance situé dans le quartier Saint-Henri, en présence de Marc Miller, secrétaire parlementaire de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Montréal autochtone, dont la mission est d'améliorer la qualité de vie des Autochtones vivant en ville, offre de très populaires cours de langues autochtones depuis de nombreuses années. Cette session, 150 étudiants sont inscrits aux cours, pour 450 demandes d’inscription.

L’argent du fédéral servira à continuer à offrir ces cours à des étudiants de niveaux débutant et intermédiaire, en plus d'organiser deux camps linguistiques et de produire du matériel pédagogique pour les étudiants.

Le député de Ville-Marie–Le Sud-Ouest–Île-des-Sœurs, Marc Miller, affirme réexaminer la manière d’attribuer les fonds, en misant plus sur les investissements à long terme. Car les façons de faire des gouvernements précédents, tous partis confondus, dit-il, « laissent à désirer ».

« [Les gouvernements] ont supprimé les langues [autochtones] au nom de la religion, de la conformité et de l’obsession avec l’anglais ou le français », affirme le député, qui suit lui-même des cours de mohawk depuis l’année dernière.

Environ les trois quarts des 90 langues autochtones parlées au Canada sont « en danger », selon l'UNESCO. Même si certaines d’entre elles sont encore vivantes (comme l’inuktitut), d’autres ne survivent que grâce à une poignée d’individus (comme l’abénaquis).

Dans la région de Montréal, à peine quelques centaines de Mohawks dans les communautés de Kanesatake et Kahnawake parlent couramment leur langue, le kanien'kéha.

Projet de loi pour protéger les langues

Pour tenter de remédier à la situation, le gouvernement fédéral a accordé 89,9 millions de dollars supplémentaires dans le cadre de son dernier budget.

Depuis deux ans, le gouvernement de Justin Trudeau planche en outre sur un projet de loi visant à protéger et revitaliser les langues autochtones. Le projet de loi, élaboré de concert avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis, doit être déposé d’ici la fin de l’année.

Philippe Meilleur espère que cette loi permettra l’émergence d’une « infrastructure linguistique » pour les langues autochtones, avec « des professionnels, des techniciens et des gens qui ont le bagage professionnel pour devenir des enseignants ».

« Actuellement, ce qu’on fait, c‘est un programme anecdotique d’introduction où les gens peuvent connecter entre eux, avoir une base. Mais quand les gens reviennent chez eux, la langue n’est pas présente », souligne-t-il.

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