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L’univers contemporain de Nadia Myre

Nadia Myre, au coeur de son oeuvre « A Casual Reconstruction, Remix », présentée dans le cadre de l’exposition permanente Porter son identité – la collection Premiers Peuples au Musée McCord à Montréal.
Nadia Myre, au coeur de son oeuvre « A Casual Reconstruction, Remix », présentée dans le cadre de l’exposition permanente Porter son identité – la collection Premiers Peuples au Musée McCord à Montréal. Photo: Radio-Canada / Anne-Marie Yvon
Radio-Canada

Nadia Myre est partout. L'artiste multidisciplinaire algonquine expose actuellement certaines de ses créations à Toronto et à Berlin. En 2019, son travail sera montré à Vienne, Regina et Québec. Et Montréal n'est pas en reste : le Musée McCord vient d'intégrer trois de ses œuvres phares à son exposition permanente Porter son identité – la collection Premiers Peuples.

Un texte d’Anne-Marie Yvon

Au centre des réflexions et de la création de Nadia Myre, l’identité occupe une place importante : l’identité d’autrui et sa propre identité, qui est mixte.

Son installation A Casual Reconstruction, Remix nous invite, en tant qu’observateur, à prendre place sur une des chaises disposées en cercle, dont certaines sont ornées de motifs micmacs, et à assister à une discussion sur vidéo entre Autochtones, sur ce thème qui aborde aussi la généalogie.

On y entend Nadia expliquer pourquoi elle a embrassé cette origine plutôt que son origine française. « Pour moi, être une Autochtone est un choix », dit-elle.

« Une chose que j’ai réalisée au sujet de l’appartenance à une Première Nation, [c’est que] une carte vous dira ce que vous êtes et non qui vous êtes. Qui vous êtes, vous devez le découvrir vous-même », dit Josh, un autre intervenant dans la vidéo.

Des non-Autochtones sont ensuite invités à se mettre dans la peau des Autochtones en reprenant leurs paroles, un exercice pas évident qui remet en question leur rapport aux Autochtones. Ce à quoi est aussi confronté le spectateur qui observe la scène.

« A Casual Reconstruction, Remix », une oeuvre de Nadia Myre présentée dans le cadre de l’exposition permanente Porter son identité – la collection Premiers Peuples au Musée McCord à Montréal.« A Casual Reconstruction, Remix », une oeuvre de Nadia Myre présentée dans le cadre de l’exposition permanente Porter son identité – la collection Premiers Peuples au Musée McCord à Montréal. Photo : Sabrina Lorier / Musée McCord

Sur vidéo et sur scène

L’installation de Nadia Myre a évolué jusqu’à devenir une performance théâtrale. Sur scène, des personnes choisies dans le public sont invitées à reprendre le script des histoires personnelles de ces Autochtones.

Déjà, le spectacle a été monté une douzaine de fois en français et en anglais, dont à New York, à Seattle, à Victoria et à Québec.

Mercredi, dans le cadre de la biennale CINARS à Montréal, Nadia Myre et sa collaboratrice, la dramaturge Johanna Nutter, reprennent, au théâtre Sainte-Catherine, cette rencontre interdisciplinaire qu’elles ont intitulée Casual Reconstruction.

D’autres performances sont prévues, dont une en juin 2019 à Londres, en Grande-Bretagne, dans le cadre d’une performance d’art autochtone.

« Native land »

La deuxième œuvre de l’artiste, ajoutée à l’exposition permanente Porter son identité – la collection Premiers Peuples du Musée McCord, rappelle au spectateur que le « Canada est un invité sur de nombreux territoires autochtones non cédés ».

La vidéo Rethinking Anthem joue sur les mots. À l’écran, quatre mots tirés de l’hymne national en anglais : « home and » et « native land ».

Les deux premiers mots disparaissent sous nos yeux pendant que les deux autres apparaissent. « On pense que c’est un crayon, mais dans le fond c’est une efface qui laisse revenir toute l’histoire », dit Nadia Myre, ajoutant que cela rappelle que nous sommes sur un territoire autochtone.

« C’est une œuvre qui joue sur l'espace-temps et la mémoire », précise l’artiste, membre de la Nation Anishnabeg Kitigan, qui dit avoir été inspirée lors d’une résidence pour artistes contemporains autochtones, à Banff, en Alberta.

« Portrait in Motion », une oeuvre vidéo de l'artiste autochtone Nadia Myre, membre de la nation Anishnabeg Kitigan.« Portrait in Motion », une oeuvre vidéo de l'artiste autochtone Nadia Myre, membre de la nation Anishnabeg Kitigan. Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

Déconstruire les stéréotypes

Dans la troisième œuvre, Portrait in Motion, on retrouve Nadia Myre sur un lac dans un canot qu’elle a fabriqué. Le canot est d’ailleurs une de ses œuvres d’art, il fait partie d’une collection à Indianapolis aux États-Unis.

Dans cette vidéo, la montrant en train de pagayer sur un lac brumeux au lever du jour, elle dit avoir été « intéressée par certains stéréotypes, dont celui de l’Indien dans la nature », qu’elle souhaite déconstruire.

Les trois œuvres de Nadia Myre sont présentées jusqu’en janvier 2020 au Musée McCord, à Montréal.

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