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Inauguration à Montréal de la murale d'Alanis Obomsawin

La cinéaste abénaquise Alanis Obomsawin (en avant), accompagnée des artistes Rafael Sottolichio, Arnaud Grégoire et Meky Ottawa, à l'inauguration de la murale.

La cinéaste abénaquise Alanis Obomsawin (en avant), accompagnée des artistes Rafael Sottolichio, Arnaud Grégoire et Meky Ottawa, à l'inauguration de la murale.

Photo : Radio-Canada / Laurence Niosi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après Leonard Cohen, c'est au tour d'une autre grande Montréalaise, la cinéaste et chanteuse abénaquise Alanis Obomsawin, d'être immortalisée sur la façade d'un immeuble de la métropole. Lundi matin, l'organisme MU inaugurait la 20e murale de sa série « Bâtisseurs culturels montréalais ».

Un texte de Laurence Niosi (Nouvelle fenêtre)

« C’est inexplicable ce que ça représente, pas juste pour moi, c’est pour la culture, nos enfants, c’est un honneur pour tout le monde », a souligné lundi la réalisatrice du 86 ans, visiblement très émue devant l’immense fresque sur un immeuble de l’avenue Lincoln, près du métro Atwater.

La conception de la murale a été confiée à l’artiste attikamek Meky Ottawa au terme d’un concours lancé cet été. L’illustratrice et graphiste de 28 ans, qui n’est pas muraliste, a peint la fresque avec une équipe de quatre muralistes professionnels qui lui ont servi de mentors.

La murale, réalisée en grande partie en turquoise et en rouge – « mes couleurs préférées », confie la cinéaste – reproduit une photographie tirée du livret de son album Bush Lady, sorti en 1984. À l’image originale, Meky Ottawa a ajouté « plein de petits secrets », notamment une Grande Ourse et une Petite Ourse, de même que des plantes médicinales, inspirées de celles que dessinait sur ses canots l’aîné et artisan réputé de Manawan César Newashish.

« [Il les dessinait] pour que le canot en écorce ne coule jamais. C’est pour ça qu’il y a une plante sur la murale, pour qu’on ne coule jamais, nous les Autochtones », a expliqué la jeune artiste.

Sur la murale, on trouve aussi des enfants qui marchent à la queue leu leu. Un clin d’oeil à Christmas at Moose Factory (1971), premier film de Mme Obomsawin, tourné dans un pensionnat de village cri près de la baie James, en Ontario. Elle en a tourné 50 autres par la suite, tous avec l’Office national du film (ONF).

« J’allais [au pensionnat de Moose Factory] et je vivais avec les enfants. Et durant le jour, j’allais raconter des histoires et à la récréation, je courais avec eux. Et maintenant, ce sont tous des grands-parents », lance-t-elle en riant.

« Femme de conviction, de courage, d’engagement, de résistance, c’est la femme qui incarne la douceur dans le combat », a souligné au dévoilement la directrice de MU, Elizabeth-Ann Doyle, qui a tenu à rendre hommage à l’artiste, mais aussi à la militante.

Les films de la grande dame de la nation abénaquise abordent souvent des revendications sociales et politiques des Autochtones, que ce soit la crise d’Oka, avec Kanehsatake: 270 Years of Resistance (1993), ou encore la lutte pour la reconnaissance de droits traditionnels, avec Our Nationhood (2003).

Membre de l’Ordre du Canada depuis 1983, la cinéaste est également médaillée de l’Ordre de Montréal et a reçu de nombreux doctorats honorifiques au cours de sa très longue carrière.

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