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Insécurité alimentaire : le programme Nutrition Nord fortement critiqué

Le jus d'orange devient un produit de luxe au Nunatsiavut

Le jus d'orange devient un produit de luxe au Nunatsiavut

Photo : Radio-Canada / Nick Murray/CBC

CBC

La coordonnatrice à la sécurité alimentaire pour le gouvernement du Nunatsiavut (Labrador), Kristeen McTavish, affirme que le manque de transparence de Nutrition Nord Canada rend difficile la recherche de solutions à l'insécurité alimentaire qui règne dans le Nord.

Lancé en 2011, le programme est censé notamment fournir des subventions aux détaillants pour qu’ils offrent des produits alimentaires à meilleurs prix pour les résidents. Pourtant, l’insécurité alimentaire persiste.

Il y a un peu plus d’une semaine, le ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord, Dominic Leblanc, avait promis des changements rapides au programme de subventions pour la sécurité alimentaire dans le Nord canadien.

Dominic Leblanc avait alors reconnu que le programme Nutrition Nord Canada s’était égaré. « Il a été conçu il y a quelques années et n’a pas été renouvelé ou rendu plus pertinent pour un bon nombre de communautés ».

Environ 60 % des familles sur la côte nord du Labrador auraient de la difficulté à se procurer de la nourriture ou auraient peur d'en manquer. Il n'est pas rare que les habitants des cinq communautés inuites du Labrador affirment se limiter en matière de choix d'aliments sur leur quantité et leur qualité.

Le coût de la nourriture augmente de manière drastique, nous devons donc à un moment donné déterminer comment ces 80 millions de dollars [du programme Nutrition Nord Canada] sont dépensés et comment pouvons-nous mieux le dépenser.

Kristeen McTavish

Un rapport gouvernemental de 2016 indiquait pourtant qu’entre 2011 et 2015, le coût du panier de provisions nordiques révisé a diminué de 5 %.

Mais les prix restent exorbitants. Un pichet de jus d’orange peut coûter 27 $ dans le Nord canadien malgré le programme.

« Il y a vraiment un assez gros manque de transparence autour de Nutrition Nord, en particulier sur le programme de subventions », a expliqué Kristeen McTavish au Labrador Morning de CBC.

Parce que nous n’évaluons pas ni ne surveillons correctement le fonctionnement de la subvention, nous ne savons vraiment pas si cette subvention a un impact positif sur l’insécurité alimentaire.

Kristeen McTavish

Selon la coordonnatrice à la sécurité alimentaire, il faut revoir le modèle en entier, car il ne fonctionne pas.

Le ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord, Dominic LeBlanc, a lui-même indiqué avoir demandé à son ministère d'examiner pourquoi, par exemple, une boîte de 180 couches Pampers coûtait environ 70 $ à Iqaluit alors que sur Amazon, des boîtes de taille similaire se vendaient environ 35 $. Selon le ministre, « il y a quelque chose qui cloche ».

Plus tôt cette année, les cinq principales organisations inuites du pays ont quitté le groupe de travail du gouvernement fédéral sur la sécurité alimentaire des Autochtones, affirmant que le gouvernement ne les écoutait pas lors de son examen du programme Nutrition Nord.

Kristeen McTavish a indiqué que le groupe créé par Ottawa ne pouvait pas réussir. « Ils n’étaient pas disposés à examiner certains changements vastes [ …]. Ils voulaient notre opinion mais seulement sur de très très petites modifications de la liste de subvention. Nous sommes entrés de bonne foi et il s’est avéré que c’était un groupe sans dents. »

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