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Plus de contenu autochtone pour la formation des policiers du SPVM

L'agent de liaison autochtone au Service de police de la ville de Montréal, Carlo DeAngelis, Tina Pisuktie, directrice de l'Association des Inuits du Sud du Québec (au centre) et la directrice de Projet autochtone du Québec, Adrienne Campbell, offrant une formation sur la réalité autochtone montréalaise, dans le cadre d'une journée de formation sur la diversité culturelle et sociale offerte à des policiers.

L'agent de liaison autochtone au Service de police de la Ville de Montréal, Carlo De Angelis, Tina Pisuktie, directrice de l'Association des Inuits du Sud du Québec (au centre), et la directrice de Projets autochtones du Québec, Adrienne Campbell

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Radio-Canada

Critiqués pour leur manière d'intervenir auprès de la clientèle autochtone, des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) suivent cet automne une formation de sensibilisation qui inclut davantage de perspectives des Premières Nations et des Inuits.

Un texte de Laurence Niosi (Nouvelle fenêtre)

« L’idée est de rétablir la confiance, de travailler ensemble », affirme Carlo De Angelis, agent de liaison autochtone du SPVM, qui a « ouvert » sa formation aux médias pendant une quinzaine de minutes, une première pour le corps policier.

La formation remaniée intervient trois mois après la disparition de Mina Iquasiak Aculiak, détenue par des policiers parce qu’elle était intoxiquée et désorientée. Relâchée dans l'arrondissement de Saint-Laurent, en pleine nuit et avec un simple billet d’autobus pour retrouver son chemin, la femme inuite a disparu pendant près d'une semaine. Elle a finalement été retrouvée saine et sauve.

Largement relayés par les médias, les événements de cet été mettent en lumière la manière d'intervenir des agents du SPVM avec la clientèle autochtone, dont une partie ne parle ni anglais ni français. Sans commenter directement l’incident, le SPVM affirme néanmoins « adapter » ses formations chaque année « avec les nouvelles réalités ».

Des discussions ont commencé cet été entre le SPVM et la commissaire aux affaires autochtones de la ville, Marie-Ève Bordeleau, pour davantage intégrer des organisations autochtones dans le programme.

La formation, élaborée plus tôt cette année par le consultant huron-wendat en intervention psychosociale Pierre Picard, est offerte quatre fois cet automne. Elle reviendra en 2019. Une centaine de policiers des différents postes de quartier de la ville la suivent chaque fois.

En plus de la présentation de M. Picard, la formation fait maintenant place à deux nouvelles intervenantes autochtones : Adrienne Campbell, directrice du refuge Projets autochtones du Québec, et Tina Pisuktie, directrice de l’Association des Inuits du Sud du Québec. Leurs présentations, avec celle de l’agent De Angelis, durent 1 h 40 sur une formation de plus de 8 h.

« Ma présence sert à bonifier l’aspect montréalais [de la formation] », affirme Mme Campbell, venue parler de la « réalité autochtone des itinérants à Montréal » et des différentes ressources disponibles. « De ce que j’ai vu ce matin, la présentation de M. Picard était excellente », dit-elle.

Une nouvelle formation

La formation a pourtant reçu son lot de critiques cet été. « Nous avons demandé au SPVM de nous envoyer le contenu de cette nouvelle formation pour pouvoir la regarder et donner du feedback », affirme Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones, à Radio-Canada. Depuis, c’est silence radio, déplore-t-elle.

La direction du Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM), Nakuset.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La direction du Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM), Nakuset.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

En août dernier, le réseau anglais de Radio-Canada, qui avait obtenu le programme au moyen d’une demande d’accès à l’information, révélait que la formation faisait peu de place aux réalités spécifiquement montréalaises et inuites.

Des organismes autochtones avaient en outre élaboré leur propre programme de sensibilisation des policiers il y a plus de trois ans dans le cadre d’un accord qualifié « d’historique » avec le SVPM. Cette première formation comprenait des cours d’histoire sur la colonisation, sur le système de pensionnats et, plus généralement, sur les raisons de l’itinérance autochtone.

Le programme a toutefois été abandonné par le SPVM. Nakuset et d’autres dirigeants d’organismes autochtones accusent le corps policier d'être de mauvaise foi, déplorant l’attitude lors d’une séance de formation de certains agents, qui parlaient et se moquaient ouvertement de l’exercice.

« Après avoir fait des sondages auprès des policiers, nous avons vu que ce projet ne correspondait pas à nos besoins opérationnels », indique Carlo De Angelis, qui se défend d’avoir fait table rase depuis. « Dans la formation, il y a des éléments [de l'autre formation]. Il y a des développements, des améliorations chaque fois », ajoute-t-il.

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