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Wapikoni mobile, l’art au service des transformations sociales

Image tirée du court métrage Kenin réalisé par Élisa Moar lors de l'atelier Manawan du Wapikoni mobile
Image tirée du court métrage Kenin réalisé par Élisa Moar lors de l'atelier Manawan du Wapikoni mobile Photo: © Gracieuseté du Wapikoni mobile
Radio-Canada

Le studio ambulant du Wapikoni est rentré à bon port après sa 14e tournée dans les communautés autochtones du pays. Une flopée de courts métrages a été réalisée par des cinéastes émergents, dont 13 productions, sélectionnées parmi plus de 150, présentées mercredi soir à Montréal dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Un texte d’Anne-Marie Yvon

Béatrice Mark aime chanter, tout comme Rachel sa sœur et Gisèle leur cousine. Alors quand Béatrice a proposé de former une chorale pour interpréter des cantiques religieux, les deux autres ont vite dit oui, tout comme la trentaine d’autres membres de la petite communauté d’Unamen Shipu (La Romaine). Chaque semaine depuis un an, le groupe sort son livre de cantiques pour entonner des chants traduits en innu.

Rachel a de son côté lancé l’idée de filmer leurs pratiques. Il en ressort un documentaire révélateur de la place qu’occupe encore la religion dans cette petite communauté isolée, située à 400 kilomètres au nord-est de Sept-Îles.

Image tirée du court métrage « Les débutants » réalisé par Rachel, Béatrice et Gisèle Mark lors de l'atelier Unamen Shipu du Wapikoni mobile.Image tirée du court métrage « Les débutants » réalisé par Rachel, Béatrice et Gisèle Mark lors de l'atelier Unamen Shipu du Wapikoni mobile. Photo : © Gracieuseté du Wapikoni mobile

Si le public montréalais est invité à découvrir cette œuvre pleine d’humour intitulée Ka Ussi-Tshishkutamashuht (les débutants), il sera plongé dans une réalité fort différente avec le film d’Élisa Moar, une Atikamekw de Manawan. Son projet, Kenin, s’inscrit dans la foulée du mouvement #moiaussi même si la jeune femme réfléchissait à la façon de raconter son histoire depuis plusieurs années.

Le passage de la caravane du Wapikoni dans sa communauté sera le déclencheur lui permettant de mener à bien son film expérimental. « Je suis allée voir l'équipe et j'ai commencé à parler d'un projet qui était important pour moi. Ils m'ont donné de bons conseils », explique Élisa Moar qui a ensuite rapidement trouvé l’inspiration nécessaire à la réalisation de son film.

Contribuer aux débats de société

La directrice générale de Wapikoni, Odile Joannette, considère son organisme comme un producteur de modèles individuels qui inspire les gens à se prendre en main et à se voir comme de réels contributeurs à la société.
« C’est un outil puissant pour combattre les préjugés, le racisme, la discrimination, l’exclusion », souligne Mme Joannette.

Odile Joannette, directrice générale du Wapikoni mobileOdile Joannette, directrice générale du Wapikoni mobile Photo : @ Mario Faubert

Celle qui a succédé à Manon Barbeau à la tête de Wapikoni en mars le voit aussi comme une initiative de littératie numérique. « La vidéo va devenir une façon de permettre à beaucoup de gens qui ont eu à faire face à différents obstacles les rendant plus difficilement capables de prendre la parole dans des espaces citoyens d’utiliser la caméra pour le faire », explique-t-elle.

Élisa Moar dit ne pas craindre les réactions que suscitera son bouleversant film Kenin. Quelques-uns l’ont déjà vu et « plusieurs m'ont félicité pour le courage de dénoncer et que j'étais probablement une personne inspirante », raconte la femme qui a réalisé son premier film expérimental, Marée, en 2012.

Un, deux trois lancements

13 courts métrages seront présentés mercredi soir au cinéma Impérial de Montréal dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Deux cinéastes mentors du Wapikoni, Guillaume Collin et Mathieu Laprise , présenteront également des images tournées avec des Bédouins lors d’une escale du Wapikoni en Jordanie et en territoire palestinien.

Plusieurs autres des courts métrages réalisés dans diverses communautés autochtones du Canada en 2018 seront projetés lors de trois autres lancements, à Québec dans quelques semaines, en Ontario et à Vancouver en début d’année 2019.

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