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La SOCAM, 35 ans de présence radiophonique au Québec et au Labarador

Intérieur de la station CKAU dans la communauté innue de Uashat.
Intérieur de la station CKAU dans la communauté innue de Uashat. Photo: Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Fondée en 1983, la Société de communication Atikamekw-Montagnais (SOCAM) regroupe un réseau de radiodiffusion composé de 14 stations indépendantes dont les programmes sont destinés à douze communautés au Québec et deux au Labrador. Depuis 35 ans, et malgré les compressions successives, l'organisme sans but lucratif tente de maintenir sa mission auprès des populations autochtones parfois géographiquement isolées.

Un texte de Ismaël Houdassine

Ces dernières années, il est devenu de plus en plus ardu pour la SOCAM de promouvoir, transmettre et sauvegarder les langues innue et atikamekw à travers la diffusion d’information à ses auditeurs. La raison? Les compressions qui mettent à mal sa stabilité financière.

« Même si la SOCAM demeure un outil privilégié pour les communautés qui sont souvent éloignées les unes des autres, il nous est devenu de plus en plus difficile de joindre les deux bouts », explique en entrevue Florent Bégin, directeur de la SOCAM depuis 2015.

Soutenue financièrement par le gouvernement fédéral depuis sa création, par le biais de son programme Radiodiffusion autochtone dans le Nord (RAN), la SOCAM a vu son enveloppe budgétaire se réduire de plus de la moitié.

« On est passé de plus de 1 million de dollars à nos débuts à presque 400 000 $ cette année, déplore M. Bégin. Les subventions sont restées les mêmes, mais comme il y a une hausse du nombre de joueurs, notre part financière a drastiquement diminué. »

Des ententes jusqu'à leur échéance

Pour compenser les pertes, l’organisme dont le siège social se situe à Wendake, près de Québec, vient tout juste de signer une entente triennale avec le Secrétariat aux affaires autochtones à travers le programme provincial du Fonds d’initiative autochtone (FIA).

« On a réussi à obtenir du gouvernement du Québec 300 000 $ pour les trois prochaines années. C’est toujours un défi constant de maintenir nos opérations. On est une petite équipe de 12 employés. On doit couvrir beaucoup d’événements et d’actualité autochtone sur un grand territoire », ajoute le directeur.

La SOCAM peut aussi compter sur les 340 000 $ sur deux ans du programme fédéral Initiative des langues autochtones. « Mais tous ces programmes qui nous sont octroyés se terminent le 31 mars 2021. Après cette échéance, on est dans le flou », rappelle-t-il.

Malgré tout, l’organisme regarde vers l’avenir, assure le directeur. À ce titre, il compte bientôt prendre un virage numérique.

« Si l’on veut maintenir du contenu de qualité, il faut se tourner vers le numérique. On est en train de travailler là-dessus. »

« Ensuite, l’un de nos grands objectifs pour les prochaines années, c’est de pouvoir renouveler et diversifier notre programmation, poursuit-il. On veut aller au-delà de l’actualité autochtone pour concevoir et produire des émissions spéciales qui toucheraient les langues, la culture et le contenu éducatif. »

La radio permet aux communautés de maintenir le lien, précise Rose-Aimée Dubé, directrice de la programmation. « Les communautés ne peuvent pas attendre que les autres médias parlent de ce qui se passe chez nous. La SOCAM donne la possibilité aux communautés d’avoir les nouvelles qui les concernent aussi bien au niveau local, national et international. »

La radio, c'est le premier appareil qu'on ouvre le matin

Rose-Aimée Dubé, directrice de la programmation à la SOCAM

Originaire de la communauté attikamek de Manawan, Mme Dubé travaille à la SOCAM depuis 19 ans. « La radio a survécu à beaucoup de changements, dit-elle. On n’a pas toujours les ressources et il y a beaucoup de roulement. Et puis c’est devenu très difficile de retenir les jeunes. Il faut pourtant qu’on assure la relève. »

Société