•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une équipe de rugby composée d'Autochtones australiens débarque à Montréal

Quatre des 15 joueurs de l'équipe Indigenous Australian Invitational Rugby (IAIR) et leur entraîneur John Browne.
Quatre des 15 joueurs de l'équipe Indigenous Australian Invitational Rugby (IAIR) et leur entraîneur John Browne. Photo: Radio-Canada / Anne-Marie Yvon
Radio-Canada

Les joueurs de rugby de l'équipe du Québec senior n'avaient qu'à bien se tenir, ils affrontaient vendredi soir l'équipe Indigenous Australian Invitational Rugby (IAIR) au stade Percival-Molson à Montréal. Ces 22 gaillards de moins de 25 ans venus d'Australie débarquent pour la première fois au Canada après une tournée américaine durant laquelle ils ont gagné tous leurs matchs.

Un texte d'Anne-Marie Yvon

Briaden Smith fait partie de l’équipe d’aborigènes sélectionnés pour cette tournée nord-américaine. Originaire de Canberra, la capitale de l'Australie, le jeune homme de 21 ans est membre de la communauté Wiradjuri, des Autochtones de l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud.

Comme ses compagnons de voyage, il a été sélectionné parce qu’il est un joueur prometteur, mais pas seulement.

Selon leur entraîneur, John Browne, « ils n’ont pas à être les meilleurs joueurs de rugby au monde, mais ils doivent être de bons modèles pour leur communauté et agir de manière responsable ».

Sélectionnés aux quatre coins de l’Australie, les joueurs ont eu deux ans pour s’entraîner ensemble et réunir l'argent leur permettant de participer à ce voyage qui les a déjà conduits à New York, à l’académie militaire de West Point, et à Boston.

Nous souhaitons former de futurs leaders autochtones.

John Browne, entraîneur de l’équipe Indigenous Australian Invitational Rugby

À chaque arrêt, les jeunes joueurs participent à des activités officielles et à des visites touristiques, mais ce qui les intéresse particulièrement, ce sont les échanges culturels.

Né à Darwin, la capitale du Territoire du Nord de l'Australie, où il a grandi, Jerone Wills constate à quel point il est déconnecté de son héritage ancestral, comme bien des jeunes de son âge.

Pendant leur arrêt à Montréal, lui et ses camarades participent au 17e pow-wow de l'Université McGill et rencontrent les étudiants et les professeurs du département d'études autochtones canadiennes au Collège John Abbott, à Saint-Anne-de-Bellevue.

Pour Jerone, s’immerger dans l’histoire des Autochtones de l’hémisphère nord, échanger sur leurs connaissances et leurs traditions, comprendre ce qu’ils ont eu à traverser au cours des siècles est une expérience particulièrement enrichissante qui le fait réfléchir sur sa propre histoire.

« Nous sommes une génération volée, une génération d’Aborigènes dépossédés de leur culture », constate-t-il, « et pour certains, l’enjeu est de savoir maintenant qui ils sont et à qui ils peuvent s’identifier ». Lui-même souhaite retourner sur la terre de ses ancêtres, sur les îles Trochus, pour se réapproprier sa langue et les coutumes de son peuple.

Originaire de Cairns dans le Queensland, à proximité de la Grande Barrière de corail, Daniel Rosendale se rend régulièrement dans la réserve d’origine de sa famille, ce que l’on appelle là-bas une mission. « Il est important de se rappeler qui nous sommes et d’où nous venons », insiste-t-il, rappelant que si son peuple a vécu la colonisation, si les familles ont été séparées, cela ne change en rien son identité en tant qu’Aborigène.

Une identité qui se révèle dès le début des matchs des joueurs de l’Indigenous Australian Invitational Rugby alors que ceux-ci sortent le didgeridoo et proposent un spectacle de danse traditionnelle. Montréal n’y échappera pas tout comme Toronto, les deux villes visitées au Canada.

Autochtones

Société