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Le système judiciaire canadien, un « outil colonial »

Renée Brassard, professeure à l'Université Laval
Renée Brassard, professeure à l'Université Laval Photo: Radio-Canada / CBC
Radio-Canada

Une professeure de l'Université Laval demande au gouvernement fédéral de repenser complètement son système de justice, qui consiste à « imposer une institution blanche aux peuples autochtones sans leur consentement ».

Renée Brassard, directrice de l’École de travail social et de criminologie, a tenu ces propos lors des audiences de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui se tiennent à Québec.

Emprisonner des hommes et des femmes et éloigner des enfants de leur foyer sont des actes qui perpétuent le système des pensionnats, selon la professeure Brassard.

« Combien de vies brisées faudra-t-il pour réaliser que nous continuons à causer des dégâts? », a-t-elle témoigné.

Renée Brassard estime que le gouvernement présentera dans quelques décennies des excuses pour son système judiciaire - « un outil colonial », selon elle - de la même façon qu’il a présenté des excuses pour le système des pensionnats, en 2008.

Violence conjugale

Les études de M. Brassard portent sur la façon dont la violence conjugale au sein des familles a entraîné une augmentation des taux d'incarcération chez les femmes inuites, métisses et issues des Premières Nations.

Selon l'Association des femmes autochtones du Canada, moins de 5 % de la population féminine au Canada est autochtone, mais les femmes autochtones représentent 39 % de la population carcérale féminine.

Ces femmes sont également plus susceptibles de se retrouver en isolement ou d'être placées en sécurité maximale.

La professeure Brassard a déclaré que l'incarcération des femmes vulnérables « mène à des meurtres et des disparitions », car il n'y a pas de programmes sociaux ou de surveillance en place pour réintégrer les femmes après leur libération.

Le témoignage de Mme Brassard a été entendu au moment où les commissaires se concentrent sur les groupes de défense des droits de la personne.

Mercredi, les commissaires ont affirmé que l'Enquête n'avait pas pu entendre les femmes incarcérées elles-mêmes en raison du refus du gouvernement de prolonger l'enquête.

Les audiences se terminent vendredi à Québec. La militante Ellen Gabriel, de la communauté de Kanesatake, sera la dernière intervenante.

Avec les informations de CBC

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