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Bracelets 144 : un obstacle aux bonnes relations entre policiers et Autochtones

Malaise en lien avec le port de bracelet en solidarité avec les policiers de Val-d'Or lors de la journée nationale des Autochtones
Malaise en lien avec le port de bracelet en solidarité avec les policiers de Val-d'Or lors de la journée nationale des Autochtones Photo: Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau
Radio-Canada

Les policiers de la Sûreté du Québec font la sourde oreille aux demandes répétées de leaders autochtones pour que cesse le port du bracelet rouge accroché à leur uniforme sur lequel est écrit « 144 », en appui à leurs collègues du poste 144 de Val-d'Or.

Les policiers de Val-d'Or, dans le nord-ouest du Québec, ont commencé à porter ces bracelets il y a deux ans, en solidarité avec leurs huit confrères qui ont été suspendus à la suite d'une enquête de Radio-Canada faisant état d'allégations de violence contre des femmes autochtones.

C’est de l’« intimidation et [de la ] provocation », ont déclaré des témoins autochtones lors des audiences de la commission Viens, la semaine dernière à Québec, ajoutant que les agents de police les portaient lors de leurs visites dans les communautés autochtones.

« J'ai espéré qu'on en vienne, à un moment donné, à abandonner cette pratique », a dit le juge à la retraite Jacques Viens, qui préside la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Ma propre perception, c’est que c’est pas le meilleur geste de réconciliation.

Jacques Viens, président de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Le juge Viens répondait à un commentaire de l’avocat David Coderre, représentant l’association des policières et policiers provinciaux du Québec à l'enquête provinciale.

Interrogeant Viviane Michel, la présidente des femmes autochtones du Québec, Me Coderre a déclaré que le bracelet rouge n'avait « jamais été créé pour supporter les gestes allégués par les femmes autochtones, mais plutôt pour contester le traitement administratif de ces policiers-là ».

Interrogée à ce sujet, la Sûreté du Québec a refusé toute entrevue pendant que les deux enquêtes publiques poursuivent leur travail.

Quelqu'un doit mettre son pied à terre

« Il faut faire quelque chose », a déclaré Ghislain Picard, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador, lorsqu’il a été interrogé par CBC News à propos de ces bracelets. « C'est très offensant. C'est vraiment de la provocation », a-t-il ajouté en indiquant qu’il en parlerait au ministre de la Sécurité publique dès que le prochain gouvernement provincial sera en poste.

Ghislain Picard, chef régional de l’Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador (APNQL) et Lance Haymond, chef de la communauté de Kebaowek
Ghislain Picard, chef régional de l’Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador (APNQL) et Lance Haymond, chef de la communauté de Kebaowek, lors de leur témoignage à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (CERP). Photo : Image fournie par la Commission

Ces bracelets rouges seraient « l’initiative de quelques personnes », selon ce qu’aurait entendu le chef Picard, mais celui-ci trouve « absurde » que ni le syndicat des policiers ni la haute direction de la Sûreté du Québec n’aient trouvé le moyen d’y mettre fin.

Michèle Audette, une des commissaires chargées de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées (ENFFADA), a quant à elle déclaré que les policiers de la Sûreté du Québec « sèment la division » en portant ces bracelets. Ce symbole est, dit-elle inapproprié et empêche les femmes autochtones de faire confiance à la police.

« Elles ne veulent pas composer le 911, ou elles ne veulent pas collaborer avec la police parce que la confiance n'est plus là », ajoute Mme Audette.

Le 28 juin dernier, lors des audiences de l’ENFFADA à Regina en Saskatchewan, la commissaire Audette avait dit au directeur des Services juridiques à la Sûreté du Québec, le capitaine Paul Charbonneau, que le port des bracelets rouges ne contribuait pas à promouvoir la réconciliation et qu’il devrait en parler à ses supérieurs pour les interdire.

D'après un texte de Catou MacKinnon

Avec les informations de CBC

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