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Kahnawake près d'une entente avec un géant du cannabis

Le logo du Conseil des Mohawks de Kahnawake, tel qu'il apparaît sur le bâtiment abritant la salle du Conseil.

Le logo du Conseil des Mohawks de Kahnawake, tel qu'il apparaît sur le bâtiment abritant la salle du Conseil.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La communauté mohawk de Kahnawake, au sud-ouest de Montréal, pourrait conclure d'ici quelques mois une entente avec l'un des plus gros producteurs de cannabis au pays, Canopy Growth. Une serre de plus de 15 000 mètres carrés serait construite et exploitée en territoire mohawk.

Un texte de Laurence Niosi

Un accord de principe non contraignant a été signé entre les deux partis. Des négociations sont en cours et pourraient aboutir d’ici la fin de l’année, espère le Conseil de bande.

Par voie de communiqué, le grand chef Joseph Tokwiro Norton parle de l’éventuelle entente comme de l’une des « plus importantes opportunités » de l’histoire de Kahnawake.

Le projet de plusieurs millions de dollars pourrait créer de 75 à 100 emplois dans la communauté de 8000 habitants où l’industrie du tabac est depuis longtemps l’un des plus importants employeurs.

Mais les temps sont plus durs ces jours-ci, explique la chef Gina Deer. « Avec la fermeture de plusieurs usines de tabac, les gens cherchent des emplois dans la communauté », ajoute-t-elle.

Le Conseil de bande de Kahnawake aimerait s’inspirer de Smiths Falls, une petite municipalité de l’est de l'Ontario où Canopy Growth est basé depuis quelques années. Le géant du cannabis a su donner un second souffle à l’économie locale après la fermeture de l’usine Hershey.

Canopy Growth – l’un des six producteurs choisis par la Société des alcools du Québec pour approvisionner la future Société québécoise du cannabis – a déjà conclu un partenariat avec un producteur de Mirabel. La compagnie possède des installations à Saint-Lucien également.

Canopy Growth n’a pas voulu répondre à nos questions. « Nous ne commentons pas d’ententes avant leur signature », a affirmé un porte-parole de la compagnie joint par Radio-Canada.

Cette éventuelle entente avec Canopy Growth pourrait survenir alors que Kahnawake est sur le point d’adopter son propre projet de loi sur le contrôle du cannabis, qui prévoit notamment de fixer à 21 ans l’âge minimal pour en acheter. Un moratoire sur la production du cannabis est par ailleurs en place sur tout le territoire.

Kanesatake voudrait s'inspirer de Kahnawake

Les communautés autochtones ne sont pas toutes aussi avancées sur la question du cannabis. À Kanesatake, au nord-ouest de Montréal, le grand chef Serge Otsi Simon affirme vouloir également consulter la population sur la légalisation et adopter son propre projet de loi, à l’instar de Kahnawake, mais « ce sont les fonds qui manquent », dit-il.

« Eux [Kahnawake] ont les corps policiers, les ressources nécessaires pour traiter les problèmes. Nous, à Kanesatake, on est laissés à nos propres moyens, avec très peu de ressources », déplore-t-il.

Craignant la contrebande, le grand chef voudrait former une force policière locale qui viendrait appuyer les inspecteurs du gouvernement afin de s’assurer que les magasins de cannabis « suivent les règles ». Dans sa communauté, au moins cinq marchands de cigarettes vendent déjà du cannabis, s’inquiète-t-il.

Kanesatake est patrouillé par la Sûreté du Québec, qui a pris le relais du corps de police autochtone local il y a une quinzaine d’années.

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