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Un numéro de Liberté consacré aux Autochtones

Le numéro d'automne 2018 de la revue Liberté est consacré aux Autochtones.
Le numéro d'automne 2018 de la revue Liberté est consacré aux Autochtones. Photo: Liberté

Pour une seconde fois en 59 ans, un numéro de la revue québécoise Liberté est totalement consacré aux Autochtones.

Un texte de Laurence Niosi

Le numéro intitulé « Premiers Peuples : cartographie d’une libération » comprend des textes signés par la poétesse innue Natasha Kanapé Fontaine, par le sociologue et critique d’art huron-wendat Guy Sioui Durand, ou encore par l'artiste maori Charles Koroneho. La couverture est dessinée par l’artiste métis Christi Belcourt.

Pour créer ce numéro, la revue de réflexion sur l'art et la société a mis sur pied un « comité spécial », une première dans son histoire. Les membres du comité formé par les professeurs Darryl Leroux, Pierrot Ross-Tremblay et Nawel Hamidi ont choisi les sujets, recruté les collaborateurs et rédigé des textes.

L’idée d’un numéro spécial autochtone était en gestation depuis plus d’un an, bien avant la nomination d’Aurélie Lanctôt et de Rosalie Lavoie comme codirectrices de la revue en mai dernier, explique Pierrot Ross-Tremblay, qui est d’origine innue.

Et pour une rare fois, le dialogue entre Autochtones et non-Autochtones « était réel », dit-il. « Il fallait définir en amont les enjeux, et tout devait être défini ensemble. On a beaucoup d’expérience dans le passé, que ce soit à travers des films ou d’autres projets, où on vient chercher nos idées et ensuite on nous fait disparaître », ajoute le professeur de sociologie à l'Université Laurentienne, à Sudbury.

Avec ce projet, les membres du comité ont voulu explorer les « malaises » ou les « angles morts » des questions autochtones dans la société québécoise. « On voulait dire des choses que les institutions ne disent pas, c’est-à-dire que le colonialisme ne peut pas être déconstruit par les institutions elles-mêmes », affirme l’avocate Nawel Hamidi, allusion entre autres aux diverses commissions d’enquête sur les Autochtones menées par les gouvernements fédéral et provincial.

Parmi les sujets abordés dans la revue : l’épineuse question des Métis du Québec et de l’auto-autochtonisation, le traitement médiatique des questions autochtones, ou encore la décolonisation par le biais de l’art.

« Premiers Peuples : cartographie d’une libération » n’est pas le premier numéro de Liberté consacré aux enjeux autochtones. En 1991, un numéro intitulé « Liberté aux Indiens » était sorti dans la foulée de la crise d’Oka. Le professeur Denys Delage, la poétesse Joséphine Bacon et le groupe Kashtin, notamment, y avaient contribué.

En 27 ans, les perceptions envers les Autochtones ont-elles évolué pour le mieux? « Oui, il y a des choses qui ont changé, mais le régime [colonial] reste intégral. Sur le terrain, partout au Canada, les choses empirent », tranche Pierrot Ross-Tremblay.

Le numéro de la rentrée de la publication, qui paraît quatre fois l’an, sort le 18 septembre prochain en librairie.

Un lancement-causerie aura lieu le 6 octobre à la librairie Le port de tête, à Montréal.

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