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Les municipalités et les Autochtones s'engagent sur le chemin de la réconciliation

Ghislain Picard s'adresse aux médias à la suite du premier Sommet des Premières Nations et des municipalités sur la réconciliation.
Ghislain Picard s'adresse aux médias à la suite du premier Sommet des Premières Nations et des municipalités sur la réconciliation. Photo: Radio-Canada / Ismaël Houdassine
Radio-Canada

Pour la première fois, une cinquantaine de maires et de chefs autochtones se sont réunis jeudi à Montréal pour discuter des enjeux qui touchent les Autochtones vivant près des zones urbaines. L'initiative a abouti à plusieurs engagements, notamment sur l'emploi et la lutte contre la discrimination.

Un texte de Ismaël Houdassine

Le premier Sommet des Premières Nations et des municipalités à l’hôtel de ville de Montréal aura duré quatre heures.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a parlé du Sommet comme d’un « geste historique » en matière de réconciliation. « Nous reconnaissons le droit des Autochtones, mais aussi le rôle que jouent les municipalités dans la réconciliation au niveau local et régional. »

L'événement s'est déroulé à huis clos pour permettre « un échange libre et franc », selon les mots de la mairesse.

Les représentants des Autochtones et les maires se sont engagés sur plusieurs points, notamment celui de mettre en place un second sommet afin de jeter les bases d’un partenariat entre les villes et les peuples autochtones.

« La tenue annuelle du sommet permettra de construire le dialogue de façon continue, de promouvoir et de diffuser les bonnes pratiques de collaboration entre municipalités et conseils de bande afin d’offrir des formations aux élus municipaux concernant l’histoire des peuples autochtones. Nous souhaitons également inviter les chefs des Premières Nations à participer à nos instances », a ajouté la mairesse Plante.

Quatre heures de rencontre, c'est trop peu pour Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), qui a tout de même salué l’initiative.

« Durant le sommet, il y a eu deux types de discours, a déclaré M. Picard en conférence de presse. D’un côté, on a parlé des réussites entre les Premières Nations et les municipalités, et d’un autre côté, on a parlé des exemples de situations un peu moins positives où il y a encore beaucoup de travail à faire. »

En même temps, je suis convaincu qu'avec plusieurs heures en plus on aurait sans doute pu conclure sur une déclaration assez engageante.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Selon le chef, le sommet a été l'occasion pour tout le monde de regarder la réalité en face. « Il existe des fossés entre les Autochtones et les non-Autochtones. Il faut bien commencer quelque part pour améliorer les choses. »

Les réalités urbaines dans le collimateur

Le sommet orchestré sous l’égide de la métropole, de l’APNQL et de deux associations représentant les municipalités québécoises a été l’occasion pour la mairesse de faire le point sur plusieurs réalités urbaines que vivent les Autochtones comme le racisme.

« Plusieurs personnes ont exprimé à quel point les membres de leur communauté n’arrivent pas à trouver des logements ou un emploi à cause de leur nom de famille. Quand les gens se font discriminer sur la base de qui ils sont, alors on a un problème. Il faut s’assurer que ces personnes ne vivent plus de la discrimination. »

Nous avons appris les uns les autres sur nos responsabilités envers nos citoyens et citoyennes. Les municipalités doivent en effet s’unir quand les droits des peuples autochtones sont bafoués. Nous avons aussi convenu qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

D’autres sujets ont été abordés pendant le sommet, en particulier l’apport des municipalités dans l’amélioration des conditions de vie des autochtones.

« Les gouvernements de proximité ont un rôle important à jouer à l’égard de la réconciliation. Ils peuvent mettre à contribution leurs atouts qui les distinguent des gouvernements du Québec et d’Ottawa comme la possibilité d’agir rapidement », a expliqué Alexandre Cusson, président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ).

Le deuxième Sommet des Premières Nations et des municipalités sur la réconciliation se déroulera en 2019 à Wendake.

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