•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’humour de l’artiste visuel Sonny Assu pour discuter de colonialisme

L'homme au sourcil percé sourit à la caméra.
Sonny Assu, artiste visuel de la nation Ligwilda'xw Kwakwaka'wakw, en Colombie-Britannique, devant son oeuvre « Home Coming ». Photo: Radio-Canada / Sophie-Claude Miller

La Guilde de Montréal expose, jusqu'au 24 novembre, une dizaine d'œuvres de l'artiste contemporain autochtone Sonny Assu, originaire de Colombie-Britannique.

Un texte de Sophie-Claude Miller

Nous, en tant qu’Autochtones, créons aujourd’hui pour tenter de dissiper le mythe de la colonisation comme une utopie.

Sonny Assu

Les images sélectionnées pour cette exposition montréalaise proviennent du catalogue de la galerie de l’artiste visuelle canadienne de renom, Emily Carr. Sonny Assu a spécifiquement choisi des œuvres marquantes qui montrent le regard colonialiste sur les peuples autochtones canadiens.

Il a, entre autres, choisi de présenter des tableaux de deux séries de productions réalisées durant ses cinq dernières années de création : #NeverIdle (« #Jamaisinactif ») et Interventions of the Imaginary (« Interventions de l'imaginaire »).

Des formes ovoïdes inspirées de l'art Haïda flottent au-dessus d'autochtones affairés sur la rive d'un cours d'eau. L'oeuvre « Home Coming » de l'artiste visuel autochtone Sonny Assu. Photo : Radio-Canada / Sophie-Claude Miller

Depuis 2014, Sonny revisite des œuvres qu’il choisit en leur donnant une perspective résolument autochtone et contemporaine. Ce qu’il nomme des « interventions digitales », ce sont précisément des formes oblongues inspirées de l’art traditionnel haïda ajoutées aux images sélectionnées.

Au micro, lors du vernissage de l'exposition de Sonny Assu à La Guilde.André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone et cofondateur de Terres en vue et Michelle Joannette, Directrice générale de La Guilde. Photo : Radio-Canada / Sophie-Claude Miller

André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone, parle de Sonny Assu comme étant un des brillants protagonistes de la renaissance de l‘art autochtone contemporain. L’hybridité, où l’imaginaire autochtone rencontre l’art contemporain, est un mouvement artistique extrêmement important selon lui.

Cela nous rappelle qui nous sommes, d’où nous venons et où nous sommes aujourd’hui.

André Dudemaine

Sonny Assu exprime son humour par le biais des titres qu'il choisit. Par exemple son oeuvre « What a Great spot for a Walmart! » (« Quel bon endroit pour un Walmart! »)

Norman Cornett, critique d'art, était présent lors du vernissage. Il explique que les formes géométriques qui planent et défient l’espace dans les oeuvres de Sonny Assu sont pour lui un lien avec l’occupation et la définition du territoire pour les Autochtones. C’est, comme il dit, un dialogue entre l’espace traditionnel et ce qu’il appelle l’espace post-moderne.

L'homme regarde la caméra et l'oeuvre à côté de lui dépeint un totem où une forme géométrique 3D inspirée de l'art Haïda est à l'avant-plan.Le professeur Norman Cornett devant l'oeuvre de Sonny Assu intitulée « What a great spot for a Walmart! ». Photo : Radio-Canada / Sophie-Claude Miller

Sonny Assu juxtapose les archétypes des Premières Nations avec les archétypes de la société de consommation pour nous en faire un commentaire combien à point et actuel.

Professeur Norman Cornett

Le public peut aussi découvrir ses toiles peintes sur des tambours. Il mentionne qu’il commande les tambours parce qu’il souhaite encourager des artisans autochtones. Il est un artiste prisé et il n’a plus le temps de les fabriquer comme à ses débuts.

L'artiste sourit à la caméra et les trois toiles à côté de lui sont peintes sur tambours à main.L'artiste visuel de la nation autochtone Ligwilda’xw Kwakwaka’wakw, Sonny Assu, à côté de ses oeuvres « 1921 », « Points of silence » et « Underground ». Photo : Radio-Canada / Sophie-Claude Miller

Sonny Assu est né en Colombie-Britannique en 1975. À l’âge de huit ans, il découvre son héritage de la nation Ligwilda’xw Kwakwaka’wakw. Cet héritage est devenu une source d’inspiration pour la création de ses œuvres alors qu’il était dans la vingtaine.

Ce n'est que plus tard dans ma vie que j'ai vu les implications politiques de ce qu'était, de ce qu'est d'être Autochtone au Canada et ce que sont les réserves et ce qu'elles peuvent être.

Sonny Assu

Détenteur d'un baccalauréat en arts visuels à l’Emily Carr University of Art & Design de Vancouver, en 2002. Sonny Assu a fait sa maîtrise en arts visuels à l’Université Concordia en 2017. Il vit et travaille maintenant dans sa communauté avec sa petite famille.

Il est indéniable que l’artiste multidisciplinaire a un intérêt pour l’histoire de l’art, la science-fiction, les nouvelles technologies et les graffitis. Cet équilibre entre tradition et modernité se veut un prétexte pour entamer un dialogue sur l’impérialisme, la colonisation et l’ère de la consommation.

Pour moi, utiliser l'humour à travers plusieurs de mes titres, c'est une façon d'amener les gens dans ces conversations [sur le colonialisme].

Sonny Assu

L'artiste a fait plus de 23 expositions en solo et a collaboré à plus de 46 expositions en groupe. Au cours de sa carrière artistique il a reçu neuf bourses et prix, dont la bourse REVEAL, les Prix en art autochtone de la Fondation Hnatyshyn, en 2017.

La Guilde est un organisme à but non lucratif et une galerie située au centre-ville de Montréal qui se spécialise en art autochtone depuis plus de cent ans.

Arts visuels

Société