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Projet éolien Apuiat : le chef Picard dénonce la CAQ

Ghislain Picard

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le rejet du projet éolien Apuiat par la Coalition avenir Québec (CAQ) maintient les nations autochtones dans un « état de dépendance duquel elles souhaitent se défaire », affirme le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard.

Le chef de la CAQ, François Legault, s'est opposé dimanche au projet qui procurerait des centaines d'emplois aux Innus durant la phase de construction.

« On ne peut pas obliger Hydro-Québec à acheter de l’électricité quand on est déjà en surplus pour les 15 prochaines années. Il me semble que c’est le gros bon sens », a-t-il réitéré tandis qu'il était de passage à Sept-Îles lundi.

François Legault a rejeté toute démarche de négociation en raison de ces surplus qu'engendrerait le projet.

« Tout parti politique qui exclut les Premières Nations de l’économie du Québec fait fausse route », a rétorqué Ghislain Picard.

L'APNQL a rappelé dans un communiqué que « le projet Apuiat s’inscrit dans un engagement du gouvernement du Québec de faire participer les Premières Nations au développement de la filière éolienne ».

À un peu plus d'une semaine du déclenchement de la campagne électorale provinciale, le chef de l'APNQL se questionne sur les véritables motifs de l'opposition de François Legault.

« Si les Premières Nations se posaient la question sur le positionnement de la CAQ sur la réconciliation avec les peuples autochtones et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, elles ont devant elles une très bonne idée de la réponse », dit-il.

Le premier ministre Philippe Couillard a réaffirmé que ce projet de parc éolien était un incontournable.

Son ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, a précisé que le projet pouvait se réaliser sans aucun impact sur les tarifs payés par les Québécois.

Un projet non rentable, selon Hydro-Québec

Dans une lettre envoyée aux différents chefs des communautés innues, le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, avait remis en question la pertinence du projet, tant sur le plan financier que sur le plan énergétique, la société d'État devant déjà composer avec des surplus d'électricité. Il évaluait les pertes entre 1,5 et 2 milliards de dollars sur 25 ans.

Mais à l’issue d’une rencontre du conseil d’administration sur ce dossier, lundi, Hydro-Québec a confirmé la poursuite des négociations avec les chefs innus et les autres partenaires du projet Apuiat cette semaine. La société d’État assure déployer « tous les efforts afin d’en arriver à une entente satisfaisante ».

Les négociations entre Hydro-Québec et la nation innue reprendront mercredi.

Pas besoin d'éoliennes, selon un expert

Le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, soutient qu'au point de vue énergétique, le Québec n'a tout simplement pas besoin de cette énergie éolienne, du moins pour le moment.

« Il faudrait le remettre (le projet) à plus tard et trouver d'autres alternatives pour faire du développement régional, ajoute-t-il. Ce n'est pas forcément en mettant des éoliennes que l'on répond le mieux à ces besoins de développement régional. »

Pierre-Olivier Pineau soutient que ce débat aurait dû avoir lieu il y a longtemps, puisque c'est en 2006 que Québec a fait connaître son intention de produire 4000 MW d'électricité à l'aide du vent.

« La réponse aurait dû être non, nous ne voulons pas continuer à faire du développement éolien alors que nous n'en avons pas besoin », a déclaré l'expert.

M. Pineau conclut que l'idée n'est pas de laisser les régions et les Innus en plan, mais qu'aucune analyse ne prouve qu'Apuiat soit le meilleur projet.

Avec les informations de La Presse canadienne

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