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Projet éolien Apuiat : le ministre Moreau accentue la pression sur Hydro-Québec

Entrevue avec Pierre Moreau, ministre québécois de l’Énergie et des Ressources naturelles.

En plein bras de fer avec Hydro-Québec, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Pierre Moreau, a été de toutes les tribunes pour marteler son appui au projet éolien de la Nation innue.

Le ministre Moreau a vanté un « bon projet » qui occasionnerait des retombées économiques « fort importantes » et consoliderait la place de l’éolien dans l’économie du Québec.

L'éolien génère 10 milliards de dollars dans l'économie du Québec, en plus de 5000 emplois, dont 4000 en région, et ce projet de la communauté innue en créerait 400 de plus, a-t-il fait valoir sur les ondes d'ICI RDI.

Le coût de ce projet de 200 mégawatts, qui seraient produits par 59 éoliennes, est estimé à 600 millions de dollars.

« Ce projet n’entraînera en aucun temps une augmentation des tarifs d’électricité au Québec », a assuré le ministre Moreau.

Il a dit avoir bon espoir d'avoir la « collaboration » de la direction d'Hydro-Québec.

Dans une lettre envoyée aux différents chefs des communautés innues, le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, a remis en question la pertinence du projet, tant sur le plan financier que sur le plan énergétique, la société d'État devant déjà composer avec des surplus d'électricité. Il évaluait les pertes entre 1,5 et 2 milliards de dollars sur 25 ans.

« Hydro-Québec ne se résume pas à M. Martel, si talentueux soit-il », a déclaré M. Moreau, ajoutant que le PDG d'Hydro-Québec devait « chercher ses instructions auprès du conseil d’administration ».

Or, a-t-il dit, le C.A. n'était pas au courant des échanges entre les Innus et le président d'Hydro-Québec.

Le premier ministre Philippe Couillard a lui aussi réitéré son appui au projet.

Pour moi, ce projet-là est incontournable pour le développement du nord du Québec et pour l’avenir des Premières Nations.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

« On a le choix : est-ce qu’on va développer le nord du Québec avec un climat de collaboration, de coexistence avec les Premières Nations ou dans un esprit de discorde et d’affrontement continuel? », a-t-il demandé.

Poursuite des négociations avec les Innus

Dans un communiqué publié en soirée, à l’issue d’une rencontre du conseil d’administration sur ce dossier, Hydro-Québec a confirmé la poursuite des négociations avec les chefs innus et les autres partenaires du projet Apuiat cette semaine. La société d’État assure déployer « tous les efforts afin d’en arriver à une entente satisfaisante ».

« Nous ne souhaitons pas négocier sur la place publique, mais nous allons identifier ensemble les pistes de solution pour que ce projet soit structurant et rassembleur », y dit aussi le PDG d’Hydro-Québec. Le président du C.A., Michael D. Penner, précise que lorsqu’une entente sera conclue, elle sera soumise au conseil d’administration.

Dans un communiqué, les communautés de la Nation innue ont elles aussi dit ne pas désirer « négocier sur la place publique ». Il ne s'agit pas d'une promesse électoraliste, ont-elles assuré, puisque le projet est sur la table depuis 2015.

Le projet éolien Apuiat est une occasion de réconciliation historique entre le gouvernement du Québec, Hydro-Québec et les Innus.

Extrait du communiqué des communautés de la Nation innue

« Nous travaillons à faire de ce projet un projet économique et sans impact sur la facture des consommateurs », ont-elles ajouté.

Legault dans le camp de Martel

Le chef de la CAQ, François Legault, en compagnie d'une candidate de son parti, Line Cloutier, dans la circonscription de Duplessis.Le chef de la CAQ, François Legault, dit partager l'opinion du PDG d'Hydro-Québec au sujet de ce projet. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Comme il l'avait fait la veille, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, s'est rangé derrière le président de la société d'État.

« Je fais appel à l’intelligence des citoyens, incluant les citoyens de la Côte-Nord », a-t-il plaidé alors qu'il était de passage à Sept-Îles.

On ne peut pas obliger Hydro-Québec à acheter de l’électricité quand on est déjà en surplus pour les 15 prochaines années. Il me semble que c’est le gros bon sens.

François Legault, chef de la CAQ

Le maire de Port-Cartier, Alain Thibault, s'est dit déçu de la position de la CAQ dans ce dossier. Selon lui, le projet jouit déjà de l'acceptabilité sociale de la communauté et pourrait se développer rapidement. « Avez-vous ça à court terme un projet qui va générer 500 000 $ de redevances à la municipalité de Port-Cartier, 500 000 $ aux Innus, des emplois à court terme pour le printemps prochain? », a-t-il lancé.

Le Parti québécois a sauté dans la mêlée, accordant son appui au projet.

« Il faut qu'on réalise ce projet-là », a déclaré le député de René-Lévesque, circonscription de la Côte-Nord, Martin Ouellet, en entrevue au 15-18, précisant qu'il était prévu depuis plusieurs années.

Le problème qu'on vit présentement, c'est que l'on a des politiciens qui viennent se mettre les deux mains dans la négociation. Si on veut faire achopper une discussion franche et honnête entre HQ et les Premières Nations et leur partenaire, Boralex, on a là tous les ingrédients pour faire capoter le projet.

Martin Ouellet, député péquiste

Il reconnaît qu'Hydro-Québec sera en surplus, mais ajoute que ces surplus seront exportés.

Dans un communiqué, la formation demandait « deux choses : des garanties quant aux retombées pour les communautés innues et les régions, et l’assurance que la capacité de payer des Québécois sera respectée ».

Avec les informations d’Ariane Perron-Langlois

Avec les informations de La Presse canadienne

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