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Des écrivains autochtones font don de leurs livres à des classes ontariennes

L'auteure Cherie Dimaline et la couverture de son livre The Marrow Thieves.
The Marrow Thieves de Cherie Dimaline a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général de 2017 dans la catégorie littérature jeunesse. Photo: CBC / Cherie Dimaline/Dancing Cat Books
CBC

Des écrivains autochtones de partout au pays ont décidé d’offrir leurs livres à des élèves de l’Ontario en réaction à la décision du gouvernement de la province d’annuler les sessions de révision du programme Vérité et réconciliation.

Il y a deux semaines, le ministère de l'Éducation de l'Ontario a annoncé qu'il annulerait la deuxième phase des séances de révision du programme Vérité et réconciliation.

Les séances devaient se dérouler sur deux semaines en juillet et rassembler plus de 50 éducateurs, aînés et détenteurs de savoirs autochtones pour travailler à la révision du programme afin d'introduire plus de connaissances et de contenu autochtones dans les salles de classe provinciales.

Afin de s'assurer que les connaissances autochtones soient introduites dans les salles de classe de l'Ontario, un groupe d'auteurs autochtones a décidé de faire don des livres de chacun. Certains ont également offert de passer personnellement du temps dans les classes avec les élèves et les enseignants.

Lorsque les intentions du ministère ont fait le tour des réseaux sociaux, l’écrivaine Cherie Dimaline a senti qu’elle devait faire quelque chose.

« J’étais furieuse, pas surprise, mais fâchée et frustrée en même temps. Je me suis levée du lit et je suis allée directement à ma bibliothèque pour compter combien d'exemplaires de mon livre The Marrow Thieves j'avais. J’en avais 20 », raconte-t-elle.

« Nous le devons aux jeunes »

Elle a offert les vingt exemplaires de son livre, lauréat du CBC's Canada Reads 2018, sur Twitter.

Traduction :

Jesse Wente

« Malgré les actions de notre nouveau gouvernement provincial, je connais de nombreux enseignants de l'Ontario qui sont profondément attachés à la Commission de vérité et réconciliation et à l'intégration de notions sur les Autochtones dans leurs salles de classe. Continuez! Ne soyez pas influencés. Nos enfants méritent espoir et vérité! »

Cherie Dimaline

« J'ai exactement 20 exemplaires de The Marrow Thieves chez moi. S'il y a un professeur de l'Ontario qui veut l'enseigner et qui ne peut pas s’en procurer un exemplaire, vous êtes invités [à le faire]. S'il vous plaît, écrivez-moi. »

« Nous le devons aux jeunes, Autochtones et non-Autochtones, ils doivent pouvoir vivre bien et pleinement », dit l’auteure.

« L’une des façons les plus respectueuses d’assurer le bien-être de tous c’est en partageant nos savoirs et nos histoires », ajoute-t-elle.

The Marrow Thieves est une œuvre de fiction dystopique dans laquelle le monde a été détruit à cause du réchauffement climatique. Les Autochtones sont chassés pour la moelle de leurs os qui donne le pouvoir de rêver, une capacité que les non-Autochtones ont perdue.

Ce ne sont pas seulement des auteurs qui ont offert leurs exemplaires personnels de leurs livres. Les maisons d'édition, inspirées par les efforts de Cherie Dimaline, ont permis aux éducateurs ontariens d'avoir accès à du matériel littéraire.

D'autres auteurs comme Tracey Lindberg, Monique Grey-Smith, Kateri Akiwenzie-Damm et Chelsea Vowel ont également fait un don.

« Je suis ravie de voir que nous avons des alliés à nos côtés, Portage & Main Press, Coromorant Books, Penguin Canada, Harper Collins, OISE à l'Université de Toronto et les milliers d'enseignants et de bibliothécaires qui travaillent sans salaire supplémentaire pour soutenir l'inclusion », explique Cherie Dimaline.

Besoin de réagir

Portage & Main Press a offert 20 exemplaires du recueil The Stone Collection de Kateri Akiwenzie-Damm, qui comprend 14 nouvelles traitant des multiples facettes de la vie du peuple anichinabé moderne.

L'auteure anichinabée Kateri Akiwenzie-Damm et son recueil de nouvelles The Stone Collections.Le recueil de nouvelles de l'auteure anichinabée Kateri Akiwenzie-Damm tente de donner une expression plus complète de la vie autochtone. Photo : CBC

« Je pense que nous devons réagir lorsque toutes sortes d'actions sont prises par des gouvernements qui sont préjudiciables aux peuples autochtones et aux communautés autochtones », déclare Kateri Akiwenzie-Damm.

En plus du don de ses livres, elle offre aussi des lectures dans trois écoles, une dans la région d'Ottawa, une dans le nord de l'Ontario et une dans sa propre communauté dans le sud-ouest de l'Ontario.

« Pour comprendre les gens, je pense qu'il est très important de comprendre leur littérature et leur art et d'avoir un aperçu de qui ils sont », explique Kateri Akiwenzie-Damm.

« Nos histoires viennent de la terre, des êtres qui occupaient les territoires, du climat et des conditions météorologiques, elles remontent loin dans l'histoire », ajoute-t-elle.

Monique Gray Smith savait qu'elle devait faire quelque chose à la suite des sessions annulées et elle a dit qu'elle était inspirée après avoir lu le tweet de Cherie Dimaline.

L'auteure Monique Gray Smith et son livre Speaking Our Truth.Monique Gray Smith est l'auteure de Speaking Our Truth. Elle et l'éditeur du livre ont donné des copies dans des classes. Photo : CBC / Centric Photography

« Pour moi, en tant que citoyenne et en tant qu’artiste, c'est une chose que je peux faire pour soutenir ceux qui aident à éduquer les cœurs et les esprits de nos jeunes », affirme Monique Gray Smith.

Elle a offert vingt exemplaires de Speaking Our Truth: A Journey of Reconciliation.

Son livre raconte l'histoire du Canada sous un autre angle, celui qui comprend le parcours des peuples autochtones.

« C'est un livre qui permet aux lecteurs de commencer à nous respecter et de commencer à réfléchir de façon critique à l'histoire qu'ils ont apprise auparavant et à comprendre notre histoire dans ce pays que nous appelons le Canada d'une manière très différente », explique-t-elle.

Après les 20 premiers exemplaires offerts par Monique Gray Smith, Orca Book Publisher a fait don de 25 autres livres.

« Les professeurs m'ont écrit et m'ont dit que les livres ont eu un impact non seulement sur les élèves, mais aussi sur eux. Les Autochtones ont cette relation dans la salle de classe qui est circulaire : tout le monde apprend ensemble », dit Monique Gray Smith.

Les auteurs encouragent plus de gens à faire de même en donnant ce qu'ils peuvent aux enseignants et à leurs élèves. Ils demandent également à davantage de maisons d'édition de se joindre à l'initiative.

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