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Le Conseil jeunesse de Justin Trudeau divisé sur l'achat de Trans Mountain

Le premier ministre Justin Trudeau, lors d'une précédente rencontre avec le Conseil jeunesse, à Calgary.
Le premier ministre Justin Trudeau, lors d'une précédente rencontre avec le Conseil jeunesse, à Calgary. Photo: La Presse canadienne / Jeff McIntosh
La Presse canadienne

Des divisions ont commencé à apparaître au Conseil jeunesse de Justin Trudeau, après qu'un groupe d'anciens et d'actuels membres eurent exhorté publiquement le premier ministre à reculer sur sa décision d'acheter le projet d'oléoduc Trans Mountain, dans l'ouest du pays.

Seize anciens et actuels membres du Conseil jeunesse, qui compte 21 jeunes Canadiens, ont publié une lettre adressée à M. Trudeau (Nouvelle fenêtre) dans laquelle ils expriment leur « déception » quant à la décision du gouvernement libéral d'acheter l'entièreté du controversé projet d'oléoduc, pour 4,5 milliards de dollars.

« La décision d'acheter le projet d'oléoduc Trans Mountain remet en question votre engagement envers les jeunes Canadiens », ont-ils écrit, ajoutant que les jeunes seront « disproportionnellement touchés » par les changements climatiques.

La lettre a toutefois suscité la surprise et la frustration d'autres membres du Conseil. Certains se sont dissociés de cette lettre et d'autres se demandent pourquoi elle a été rendue publique.

« Je crois que c'était très partisan et ce n'est pas le rôle du Conseil jeunesse du premier ministre », a déclaré Sarah Wheale, qui a travaillé pendant plus de sept ans dans l'industrie pétrolière en Alberta.

L'achat de l'oléoduc par les libéraux est un dossier extrêmement controversé qui a suscité les critiques du gouvernement de la Colombie-Britannique, des groupes environnementaux et des communautés autochtones. L'accroissement de la capacité de l'oléoduc actuel de Kinder Morgan permettrait de tripler l'acheminement quotidien de pétrole lourd de l'Alberta vers le port de Vancouver, pour exportation vers l'étranger.

Une porte-parole de Justin Trudeau, Chantal Gagnon, a déclaré que le premier ministre « appréciait toujours la contribution du Conseil jeunesse ».

« C'est encourageant de voir de jeunes Canadiens s'engager sur des enjeux politiques qui les touchent et participer au processus démocratique », a-t-elle ajouté.

Mme Gagnon a cependant défendu la décision du gouvernement d'acheter l'oléoduc, soulignant qu'Ottawa avait investi davantage pour protéger la sécurité maritime.

Manque de consultation

Le premier ministre Trudeau a rencontré les membres de son Conseil jeunesse en juin pour discuter de cet enjeu. Le Conseil, une organisation non partisane formée d'un maximum de 30 jeunes Canadiens âgés de 16 à 24 ans, a été créé en 2016 pour conseiller le premier ministre.

Nmesoma Nweze, étudiante en neurosciences et en psychologie à l'Université de Toronto et ancienne membre du Conseil, dit que certains membres ont été déçus que M. Trudeau ne les consulte pas avant de prendre sa décision concernant le dossier Trans Mountain.

Une grue sur un chantier de l'entreprise Kinder Morgan. L'oléoduc permettra l'acheminement de 890 000 barils de bitume vers la côte de la Colombie-Britannique, soit trois fois plus qu’à l’heure actuelle. Photo : Reuters / Dennis Owen

C'est à ce moment qu'elle a commencé à écrire la lettre, qui indique que les jeunes Canadiens ont soutenu M. Trudeau lors des élections fédérales de 2015 en raison notamment de ses promesses sur la réconciliation avec les Autochtones et de son leadership sur les enjeux climatiques.

La lettre précise aussi que le projet d'accroissement de la capacité de l'oléoduc viole les droits des Autochtones et présente des menaces de « dommages irréversibles » sur les côtes de la Colombie-Britannique.

Mme Nweze a défendu sa décision de diffuser la lettre, affirmant que le Conseil voulait faire davantage de sensibilisation. « Nous savons que nous ne sommes pas les seuls jeunes à nous sentir comme ça », a-t-elle plaidé.

Sarah Wheale déplore toutefois que les signataires aient fait comme s'ils parlaient au nom du Conseil.

« Il y a d'autres personnes dans le Conseil jeunesse, des anciens ou actuels membres, qui travaillent dans les industries pétrolière et gazière. C'est très inquiétant de penser aux impacts que cela aura sur nos carrières », a-t-elle dénoncé.

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