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Réduire le taux d’incarcération d’Autochtones au pays avec la justice réparatrice

L'homme en complet regarde son interlocuteur devant une salle de nouvelles en action.

Le Grand Chef de la Southern Chiefs Organization du Manitoba, Jerry Daniels affirme que la surreprésentation d'adultes et de jeunes autochtones incarcérées représente une faille dans le système judiciaire.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Autochtones sont de plus en plus nombreux à réclamer des programmes de justice réparatrice. L'initiative vise les jeunes qui ont commis des infractions mineures et les personnes qui en sont à leur première infraction.

La Southern Chief’s Organisation du Manitoba souligne que son programme de justice réparatrice constitue une des façons possibles de réduire la surreprésentation des adultes et jeunes Autochtones dans les prisons canadiennes.

Selon Statistiques Canada, en 2016-2017, les adultes autochtones du Manitoba comptaient pour 74 pour cent de toutes les admissions dans les prisons ou aux programmes de supervision communautaires.

Les Autochtones comptent 81 pour cent de jeunes hommes incarcérés au Manitoba tandis que les jeunes femmes autochtones représentent 82 pour cent des jeunes femmes emprisonnées.

C'est en s'appuyant sur ces données que le grand chef Jerry Daniels de la Southern Chief’s Organisation (SCO) dit que des alternatives à l’incarcération, telles que la justice réparatrice, sont nécessaires.

C’est très malheureux pour le Manitoba, pour le Canada, pour nous tous en fait, lorsque nous avons autant des Autochtones qui sont emprisonnés. Cela représente une lacune dans le système. Nos espoirs sont de diminuer le nombre de personnes qui sont incarcérées.

grand chef de la SCO du Manitoba, Jerry Daniels

La SCO est l’une de nombreuses organisations du Manitoba qui offrent un programme de justice réparatrice pour les Autochtones qui sont confrontés au système de justice criminel.

La justice réparatrice, comment ça fonctionne?

La justice réparatrice fournit une alternative qui met moins l’emphase sur la punition et les peines d’emprisonnement et davantage sur la guérison des relations entre les individus, les familles et la communauté.

Les gens qui sont dirigés vers le programme au SCO sont des contrevenants qui en sont à leur première offense ou des jeunes accusés d’infractions moins graves.

Les personnes qui font face à des accusations sont recommandées au programme soit par des services de police autochtones, la GRC, les procureurs de la couronne ou parfois même par des membres de la communauté.

Pour être acceptés dans le programme, ils doivent assumer la responsabilité de leurs actions et doivent vouloir faire amende honorable à leur victime, la famille ou la communauté, selon la situation.

Chantell Barker, coordonnatrice du développement de la justice communautaire

« Nous tentons d’identifier quelques problématiques auxquelles ils font face en tant qu’individus et de prendre en considération le support dont ils ont besoin », dit pour sa part le grand chef Jerry Daniels.

Selon la SCO, 94 pour cent des gens qu’ils ont reçus l’année dernière ont complété le programme avec succès et n’ont pas eu à se présenter devant le système de justice criminelle.

La déjudiciarisation fait économiser, dit le grand chef

Au cours de la dernière année, la SCO a constaté une augmentation de 40 pour cent du nombre de personnes recommandées pour le programme de justice réparatrice. Le programme a traité 119 cas.

Le grand chef Jerry Daniels dit qu’ils emploient cinq agents de justice communautaire et que le coût annuel du programme est de 400 000 $.

« Les contribuables devraient comprendre que plus le programme a du succès, plus il est supporté par le gouvernement et plus nous allons économiser, » dit le grand chef Jerry Daniels.

Vous économisez au moins 100 000 $ par personne, comparativement à ceux qui sont dans le système judiciaire criminel. Cet argent pourrait être utilisé pour toutes sortes d’autres choses pour supporter les jeunes.

grand chef Jerry Daniels

Actuellement, les programmes de justice réparatrice de la SCO sont en vigueur dans cinq communautés autochtones du Manitoba : Waywayseecappo, Pinaymootang, Sagkeeng, Pine Creek et Long Plain.

Avec les informations de CBC

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