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Le SPVM abandonne le plan de formation créé par le réseau autochtone de Montréal

Plan rapproché de Nakuset.

La directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset, le 30 avril 2018.

Photo : Radio-Canada / Bernard Barbeau

Radio-Canada

En juin 2015, le réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal et le SPVM signent un accord de collaboration qui inclut un programme de formation. Trois ans plus tard, la police de Montréal opte finalement pour un autre programme de formation d'un consultant qu'elle embauche sans en informer le réseau autochtone de Montréal.

Le réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal a passé deux ans et dépensé des milliers de dollars à développer ce programme de formation à l’intention des policiers. Un manuel de 31 pages et des ateliers interactifs ont aussi été conçus à la demande de la police. Le réseau a travaillé en croyant sincèrement qu’il serait adopté par le SPVM.

La directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM), Nakuset, a elle-même signé l’accord de 2015 alors qu’elle était coprésidente du réseau. Nakuset a appris que le SPVM avait remplacé le programme lorsque la journaliste de du réseau anglais de Radio-Canada l’en a informée.

« L’accord dit que nous allons travailler ensemble et ils n’ont démontré aucun effort pour travailler avec la communauté ou le réseau. Il n’a pas été facile de travailler avec la police, » confie Nakuset.

L’accord, alors qualifié d’historique, a été signé dans le but de favoriser les approches préventives, la compréhension et une communication ouverte entre la police et les Autochtones.

Objectif 2 : contribuer à l’optimisation des compétences du personnel du SPVM

- Assurer des séances d’information régulières et continues aux réalités autochtones développées par le réseau (avec la participation d’organisations clés) au personnel du SPVM;

- Collaborer avec les organisations et les ressources communautaires pertinentes pour créer et mettre à jour du matériel pédagogique pour le personnel du SPVM et/ou membres de la communauté, tel qu’un guide autochtone de ressources, un guide d’accueil en inuktitut, des informations sur le trafic d’êtres humains, etc.

Pourtant, le SPVM embauchait en 2018, le consultant Pierre Picard, un membre de la nation huronne-wendat pour donner la formation aux policiers.

« L’exercice des couvertures » fait rire les officiers

Le programme du réseau autochtone de Montréal a été utilisé pour former les policiers une dernière fois en février.

Lors de la session, les officiers participaient à « l’exercice des couvertures », durant lequel ils devaient se tenir debout sur une couverture représentant le Canada, un exercice qui a fait rire certains officiers.

Les formateurs ont ensuite lu une brève histoire du Canada, incluant le processus de la colonisation, les épidémies de varicelle, l’établissement des pensionnats autochtones et d’autres injustices historiques qu’ont endurés les Autochtones.

L’exercice était censé inspirer l’empathie chez les participants. Or, quelques officiers ont à nouveau eu un fou rire. Nakuset se souvient d’avoir essayé de calmer les policiers en leur demandant de mettre l’accent sur le matériel d’apprentissage.

L’agent de liaison autochtone Carlo DeAngelis et sa partenaire Patricia Drouin du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L’agent de liaison autochtone Carlo DeAngelis et sa partenaire Patricia Drouin du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Photo : Kate McKenna/CBC

Les officiers ont mieux réagi à l’atelier de remplacement

L’agent de liaison autochtone, Carlo DeAngelis, dit que la nouvelle formation dure quatre heures, telle que mentionnée dans l’accord de 2015, et qu’elle couvre l’histoire et quelques défis auxquels les Autochtones de Montréal sont confrontés.

« La nouvelle formation convient mieux aux besoins opérationnels du SPVM et les officiers ont mieux répondu à cette formation. Ce sont tous des officiers : des patrouilleurs, des enquêteurs. Ils sont très heureux de l’avoir eu et c’est une étape positive, » ajoute l’officier de liaison avec les Autochtones.

Fractures futures dans une alliance fragile

Nakuset dit que tous ceux qui ont travaillé sur le projet auraient aimé au moins être consultés sur le contenu de cette nouvelle formation.

Elle dit aussi que la formation abandonnée par le SPVM, alors que les membres du réseau autochtone y ont travaillé si fort brise la relation déjà fragile entre la police et les Autochtones de Montréal.

La directrice générale du Foyer des femmes autochtones montre du doigt les interventions policières marquées selon elle par des excès de zèle, une trop grande distribution de contraventions et la stigmatisation des personnes autochtones qui vivent dans la rue.

Nakuset mentionne que la formation développée avec son groupe était spécifique à réalité montréalaise, avec une emphase spéciale sur les défis particuliers des Inuits qui vivent en ville.

Le réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal célèbrera son 10e anniversaire d'activité en novembre.

D'après un reportage de Kate McKenna et Benjamin Shingler

Avec les informations de CBC

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